La prétention qu’a l’école réaliste d’être plus vraie que l’école idéaliste n’est, chez beaucoup de ses

Quelle qu’en soit la raison d’ailleurs, nous sommes amenés à constater que, dans ce cas, l’évolution du drame est due à une cause naturelle objective.

Il est toujours maladroit de rappeler au spectateur, quand le pathétique du drame le lui fait oublier, la contradiction et l’impuissance de la mise en scène. Les directeurs font des emprunts quotidiens aux troupes de leurs confrères: d’où naît une tendance naturelle à mettre en commun leurs ressources, c’est-à-dire leurs théâtres, leurs capitaux, leurs acteurs, leurs décors et leur matériel. Toutefois la complaisance du public est admirable, et son imagination, dont l’école réaliste sera forcée d’accepter le secours, consentira à ramener la grandeur de la scène aux proportions que désirera l’auteur: l’espace et le temps resteront toujours au théâtre forcément conventionnels. En faisant monter les humbles et les déshérités sur le théâtre, en étalant à nos yeux les misères physiques et morales des dernières classes de la société, elle ne pourra rapetisser la scène à la taille d’une mansarde ou d’un bouge.

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