Cette ample pièce d’étoffe, d’un caractère bien antique, ne joue pas, dans la mise en scène

Le hasard, en résumé, ne peut jamais être un ressort dramatique, et la raison en est simple: le mot _hasard_ et le mot _art_ s’excluent mutuellement, le premier impliquant une rencontre fortuite, le second un arrangement préalable.

Mais, dans la généralité des cas, le plaisir que l’on cherche à procurer au spectateur est un plaisir général et total qui se compose de la somme de toutes ses sensations et de toutes ses émotions, de quelque nature qu’elles soient. Mais, au théâtre, les personnages seuls ont le droit de s’adresser au public, et le poète, c’est-à-dire le démonstrateur psychologique, est réduit au silence. Le théâtre en présente de nombreux exemples. La mise en scène doit être humble, modeste, presque effacée, pauvre de détails, car rien n’y a d’intérêt pour nous; les costumes simples et un peu austères, le jeu des acteurs contenu, leurs gestes et leur diction sans emphase. , donne donc lieu à ce qu’on appelle des traditions, soit que ces procédés aient été scrupuleusement notés, soit que le nouveau venu ait pu se rendre compte par lui-même du jeu de son prédécesseur, soit qu’ils se soient uniquement transmis de mémoire. Il a été écrit en effet d’un bout à l’autre sans le secours d’aucune note et d’aucun livre, par la simple méthode spéculative. En ressortira-t-il rajeuni? C’est une grave question que nous examinerons dans les derniers chapitres de cet ouvrage. En un mot, il lui faut la foi, une foi en quelque sorte innée, pour croire à la vérité dégagée du réel, pour être convaincu que la peinture de l’idéal est l’unique raison d’être de l’art. Cette association de l’esprit et de la fantaisie est, en effet, le propre des oeuvres comiques, car les lois de l’esprit et de la fantaisie semblent être identiques à celles de la gaieté et du rire, et consister dans le rapport soudain que l’auteur nous fait apercevoir entre deux objets les plus disparates d’apparence. En revanche, en attirant la foule, fût-ce au prix de quelques concessions, en la sollicitant, par l’attrait d’un plaisir facile, à goûter à son tour le charme des belles oeuvres, on rehausse et on purifie si peu que ce soit son idéal.

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