L’esprit n’est sollicité en rien à chercher un rapport entre cette scène et une scène subséquente

Dans _les Rantzau_, les deux frères vont au-devant l’un de l’autre et s’embrassent au centre optique. C’est à peine si la première proposition mérite que nous nous y arrêtions. En soi, le costume est heureusement combiné, gracieux et en même temps d’une élégante sévérité. La seconde conséquence se fait déjà sentir.

Mais en fait une partie des spectateurs prend une position oblique et tous ceux qui occupent le second rang des loges sont obligés de se lever et de se pencher d’une façon très sensible et très fatigante. Au lever du rideau, le peuple est à genoux, tendant ses mains suppliantes vers le palais d’Oedipe. Dans toute nouvelle création, leur mérite consiste, surtout pour l’acteur, dont l’art est plus fécond et plus personnel, à amener la représentation scénique à son point de perfection, c’est-à-dire à déterminer jusqu’où ils peuvent pousser la réalisation de l’idée dont ils possèdent en eux l’image subjective. Il faut à l’esprit, pour suffire à cette coordination presque incommensurable, un influx constant de force nerveuse dont rien ne doit venir troubler ou détourner le cours.

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