La mise en scène se trouve donc détruite _ipso facto_

Tout le monde en convient; mais alors ne semble-t-il pas que cette direction imprimée à tant d’efforts divers soit contradictoire avec le jugement défavorable que l’on se croit en droit de porter sur la théorie réaliste? Ou bien y aurait-il un degré d’approximation que l’art ne doive pas franchir? Nous touchons là à l’éternelle question sur la nature et sur le but de l’art, question que je crois fort inutile de relever dans ce petit ouvrage où elle ne pourrait occuper qu’une place incidente. Un décor représentant un paysage ne sera pas en contradiction avec la vérité parce qu’il laissera de côté un nombre plus ou moins grand de détails particuliers faciles à constater dans tel ou tel paysage réel. Les raisons que nous avons présentées sont artistiques et comme telles de plus grande valeur. Non, le mobile qui nous pousse au théâtre n’est pas aussi désintéressé qu’on le pense; nous voulons y goûter du plaisir dans toute la force du terme et y éprouver des sensations réelles, qui mettent en émoi notre organisme tout entier.

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