Sarcey rédige depuis plus de quinze ans le feuilleton dramatique du _temps_, je le lis assidûment

Ainsi, d’une part, toute représentation idéale détruira l’impression très vive que nous aurait causée la présentation du réel, ou réciproquement l’effet de la première sera détruit par celui que produira la seconde; d’autre part, toute opposition entre la réalité et la perspective théâtrale, qui met en présence le vrai et le faux, anéantira immédiatement l’illusion et réduira le réel à l’imaginaire.

Pour arriver à satisfaire le public et pour prévenir en lui la satiété, il faudrait un peu plus souvent casser et remplacer le joujou dont on l’amuse. Eh bien! sans renoncer à cette puissance du pittoresque que le décorateur continuera à exercer directement sur les spectateurs et qui est en effet sa destination, la mise en scène peut-elle prétendre jouer sur le théâtre le rôle que la nature joue dans notre vie actuelle? Comme la musique, va-t-elle à son tour venir se mêler au drame, en devenir aussi un des personnages et concourir au développement de l’action elle-même? Sans doute on ne peut comparer la nature, agissant directement sur nous, à l’imitation de la nature qui nous intéresse à ses procédés artistiques plus qu’aux phénomènes eux-mêmes qu’elle reproduit à nos yeux.

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