Des conventions dans l’art classique

Un vaudeville, est une comédie mêlée de couplets. Mais il est encore nécessaire de restreindre notre sujet; car il ne tendrait à rien moins qu’à passer en revue tous les genres de la littérature dramatique, tels que le drame héroïque, historique, romantique ou bourgeois, et la comédie d’intrigue, de caractère ou de sentiment. Souvent il se passe dix ans, vingt ans même, pendant lesquels un groupe de pièces ne peut être remonté avec succès, par suite du manque d’un acteur d’un certain tempérament. Mais, objectera-t-on, au lieu de finir à minuit le spectacle finirait à onze heures: on me permettra, je pense, de mépriser absolument cette objection. Il suit de là, premièrement, que la mise en scène pourra être souvent considérée comme un correctif à la faiblesse d’une oeuvre dramatique; deuxièmement, que la mise en scène peut par son excès être un dérivatif à l’attention que mériterait la valeur intrinsèque d’une oeuvre dramatique. Concluons donc que dans notre société démocratique, où le nombre tuera l’idéal, s’il n’est conquis par lui, le maintien du répertoire classique à l’Odéon et à la Comédie-Française (joint à une réformation urgente de l’enseignement du Conservatoire) est en quelque sorte une mesure de rénovation sociale, de relèvement intellectuel et moral et de salut artistique.

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