La comparaison entre la peinture et la décoration théâtrale peut encore nous suggérer quelques réflexions importantes

L’esprit du spectateur est donc obligé de reconstruire rétrospectivement la suite interrompue de ses sensations, de revenir de lui-même sur l’idée de fin qui s’était formée en lui: au lieu d’un mouvement en avant, il éprouve donc, non seulement un temps d’arrêt, mais encore un mouvement de recul. Ces dispositions étant reconnues, supposons qu’un acteur, placé au point de convergence optique, s’éloigne dans le sens de l’axe du théâtre: chaque pas l’éloignera des spectateurs et le soustraira de plus en plus à la lumière de la rampe; si, au contraire, il marche, soit à gauche, soit à droite, parallèlement à la rampe, à mesure qu’il s’avancera il se soustraira aux regards d’un nombre toujours croissant de spectateurs, selon qu’il se rapprochera de la zone invisible de gauche ou de droite; s’il s’éloigne obliquement, les deux effets se composeront. Comme cependant elles ont une sensibilité très vive, d’autant plus vive qu’elle n’a pas été émoussée ou affinée par de fréquentes émotions esthétiques, elles prennent souvent plaisir aux spectacles tragiques ou comiques de l’art classique, mais dans des conditions intellectuelles et morales toutes particulières.

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