Il faut mieux donner à réfléchir que de tout dire

Leur émotion au théâtre n’est jamais ou n’est que très rarement esthétique: c’est pourquoi elles ne pleurent pas exactement aux mêmes endroits ni pour les mêmes causes, et quelquefois, dans la comédie, rient franchement d’un trait qui nous serre le coeur. Évidemment, cette suite d’exhibitions, souvent pleines de mouvement et d’expression, où le pittoresque atteint une grande intensité, constitue pour les yeux et même pour l’esprit un amusement parfois très vif. C’est ce que beaucoup de spectateurs ont pu observer au second acte du _Marquis de Villemer_. Elle a pu varier et, en effet, elle a souvent varié et variera encore.

La locomotive et les voitures du train n’avaient que les dimensions que leur imposait la perspective théâtrale, et par conséquent elles étaient trop petites pour la distance réelle. Sa poitrine est couverte d’une cuirasse, formée de bandes de métal, alternativement d’or et d’acier bruni. Dans cette mise en scène idéale, tout se réduit souvent à des signes purement idéographiques; c’est un fond toujours un peu effacé, semé d’images confuses, qui s’évanouissent dès qu’on veut les considérer avec fixité, mais sur lequel l’oeuvre poétique s’enlève en pleine lumière, comme une belle pièce d’orfèvrerie se détache sur une tapisserie usée par le temps.

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