Ce n’est que vers la fin du xviiie siècle que l’homme a laissé son âme s’ouvrir

Je reviens maintenant, avant de clore ce chapitre, à la mise en scène de _Phèdre_, qui me fournira l’occasion de présenter une application des principes de statique théâtrale.

Il est bien heureux que _Don Juan, Tartufe_ et le _Misanthrope_ soient écrits, car un nouveau Molière ne saurait concevoir aujourd’hui sous la même forme ces comédies idéalement humaines et vraies, mais dont les personnages sont des types généraux tout à fait en dehors de notre expérience personnelle et de nos observations quotidiennes. Sans doute le physique n’est pas sans importance, mais en tout cas il ne peut s’agir que du physique tel qu’il est modifié par les conditions scéniques, et vu à la lumière de la rampe, dans la perspective du décor. Si elle paraît plus intense à la représentation des oeuvres tragiques, c’est que celles-ci exaltent notre sensibilité, et, comme d’une corde plus tendue, nous arrachent des tressaillements plus aigus. Au commencement de l’acte, de lourds nuages sombres passeraient sur le ciel étoilé et sur la lune qu’ils obscurciraient.

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