Le cas de la poésie est plus complexe, parce que rien ne parvient à notre esprit

Il en est à peu près de même du rôle de François Ier dans _le Roi s’amuse_. Le véritable orage qui s’apaise, c’est celui qui s’était soulevé dans le coeur de Valentin, et la véritable étoile, ce n’est pas celle que pourrait allumer le metteur en scène dans le ciel de son décor, c’est celle de l’amour qui se lève dans l’âme purifiée de Valentin. L’effet est foudroyant, implacable. Un acteur doit donc être un observateur de la nature, non pour transporter servilement ses observations sur la scène, mais pour enregistrer en lui tous les traits communs dont se compose synthétiquement l’idée ou l’image qu’il s’efforcera de reproduire.

Quand je dis que les personnages sont les exécutants, il faut ajouter que souvent ils ne sont que les exécutants apparents, ce qui suffit naturellement si l’acteur, qui est censé chanter ou jouer, n’est pas sur la scène, mais ce qui aujourd’hui ne serait guère admis quand l’acteur est en scène. Seulement on n’a pas réussi, ce qui demandait un effort artistique, à constituer le type théâtral d’Antony.

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