Les trois convives s’arrêtent, lèvent la tête et prêtent l’oreille à la voix vibrante des instruments

C’est par le sifflement du vent et le bruit du tonnerre que le metteur en scène arriverait à produire un effet analogue. Mais il me paraît nécessaire de les rattacher à un point fixe et de chercher, en dehors du théâtre, une méthode de démonstration. Suivant assidûment les représentations de la Comédie-Française, j’y puise un enseignement dont le prix augmente chaque jour à mes yeux. Cela ne pourrait se tenter qu’en rentrant habilement dans les lois les plus certaines de la mise en scène, c’est-à-dire en agissant préalablement sur le spectateur, en concevant une décoration capable, par la grandeur, la hauteur et la profondeur de la scène, ainsi que par des effets d’ombre ou de lumière, de faire naître une impression morale, que le spectateur transporterait alors dans le personnage. De deux oeuvres, dissemblables par la nature des sentiments, un goût éclairé préférera toujours celle qui aura nécessité un moins grand appareil de mise en scène. La mise en scène se trouve donc détruite _ipso facto_.

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