–vous saurez que c’est moi qui vous conduit, mon cousin, dit la jeune fille, lorsqu’ils se

–Je ne pourrais desirer un meilleur guide, repondit galamment Ludovic. –Tenez, mon cousin, reprit-elle en lui jetant un regard de cote, j’ai une confidence a vous faire. –Une confidence, ma cousine? –Oui, je vous vois de si bonne composition, que je suis toute ici honteuse de vous avoir trompe. –Vous m’avez trompe, vous, ma cousine? –Indignement, fit-elle en riant, vous allez en juger. Je vous mene dans un endroit ou on nous attend. –Ou on vous attend, vous voulez dire. –Non pas, car c’est vous surtout qu’on veut voir. –Je vous avoue, ma cousine, que je ne vous comprends plus du tout; je ne connais personne en ce pays. –En etes-vous bien sur, mon cher cousin? demanda-t-elle d’un air railleur.

–Dam, je le crois du moins.

–Bon, voila que vous doutez. –Vous paraissez si sure de votre fait! –C’est que je le suis en effet; la personne qui vous attend, non seulement vous connait, mais encore est de vos amis. –Allons bon, tres bien, cela s’embrouille de plus en plus; continuez je vous en prie. –Je n’ai que peu de mots a ajouter, d’ailleurs dans quelques minutes nous serons arrives et je ne veux pas vous laisser plus longtemps dans le doute.

–C’est bien aimable a vous, ma cousine, je vous jure. J’attends humblement que vous daigniez vous expliquer. –Il le faut bien, puisque votre coeur a si peu de memoire; comment monsieur, vous etes etranger, jete depuis quelques jours a peine dans un pays inconnu; dans ce pays, depuis que vous y etes debarque, vous n’avez rencontre encore qu’un seul homme qui vous a temoigne quelque sympathie, et cet homme vous l’avez deja si completement oublie; cela, permettez-moi de vous le faire observer, mon cher cousin, prouve mediocrement en faveur de votre constance. –Accablez-moi, ma cousine, je merite tous vos reproches; vous avez raison, il y a en effet au Mexique un homme pour lequel j’eprouve une sincere amitie. –Ah, ah! Je ne me trompais donc pas? –Non, mais j’etais si loin de supposer que ce fut de cet homme dont vous me parliez que je vous avoue. . . –Que vous ne vous le rappeliez plus, n’est-ce pas? –Au contraire, ma cousine, et mon plus vif desir serait de le revoir. –Et comment nommez-vous ce personnage? –Il m’a dit que son nom est Olivier, cependant je n’oserais affirmer que ce nom fut bien reellement le sien. La jeune fille sourit avec finesse. –Y aurait-il indiscretion a vous demander pourquoi cette supposition peu favorable? –Aucunement, ma cousine, mais le senor Olivier m’a paru un personnage assez mysterieux; ses allures ne sont pas celles de tout le monde.

Il n’y aurait, il me semble, rien d’extraordinaire a ce que suivant les circonstances.

.

. –Il se parat d’un nom de fantaisie, interrompit-elle; peut-etre avez-vous raison, peut-etre avez-vous tort, je ne saurais vous repondre la-dessus; tout ce que je puis vous dire, c’est que c’est lui qui vous attend.

–Voila qui est singulier, murmura le jeune homme. –Pourquoi donc? Il a sans doute une communication d’importance a vous faire; du moins c’est ce que j’ai cru comprendre.

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