–vous pardonner! dit-il; je ne suis pas votre juge, et je ne puis pas vous hair

Genevieve tendit ses bras vers le ciel. –Merci, mon Dieu! dit-elle; il ne m’a pas repoussee. Vous savez, reprit-elle apres un instant de silence, dans quelles circonstances je vous ai rencontre. Vous aviez remis trois lettres de M.

d’Assonville a la petite maison de la rue Cassette: l’une de ces lettres suppliait; l’autre priait et menacait tout ensemble; la derniere ne contenait que des menaces. –Et c’est a celle-la que vous vous etes rendue? dit Belle-Rose. –Vous savez bien, Jacques, reprit la duchesse avec un accent de fierte, que la peur n’a pas d’empire sur moi. Je me rendis a cette lettre, parce qu’entre la premiere et la troisieme, j’avais tout dispose pour mon entrevue avec M. d’Assonville, et qu’a cette entrevue notre enfant devait assister. –Vous auriez fait cela, Genevieve? s’ecria Belle-Rose. –J’allais le faire, quand j’appris que M. d’Assonville avait charge une personne inconnue de le representer. Cette decouverte m’indigna; je crus qu’il avait revele notre secret, et je resolus d’avoir par la ruse, ou la force au besoin, les papiers qui pouvaient compromettre mon repos. –Ainsi, vous avez soupconne M. d’Assonville, un si loyal gentilhomme? –Helas! quand on s’habitue a pratiquer le mal, on oublie bien vite la croyance au bien. Mais, se hata d’ajouter Genevieve, en vous faisant venir au pavillon, ou je vous recus masquee, mon projet etait seulement de vous obliger a me remettre les papiers qui constataient les droits de M. d’Assonville; sure alors qu’il ne pourrait plus me ravir mon fils, je l’aurais rendu a sa tendresse. Deja j’etais lasse de cette vie aventureuse ou toute distraction etait empoisonnee.

J’etais etonnee d’avoir pu regarder avec d’autres yeux que les yeux de l’indifference un homme qui n’avait ni grandeur dans le caractere, ni noblesse dans les sentiments. . .

La honte me prenait au coeur!. . . Je vous vis, vous m’aviez sauvee, vous etiez jeune, vaillant, genereux et fier! Vous ne savez pas combien je vous aimai tout de suite. . . Je voyais en vous comme dans une eau limpide, et votre vaillante nature rendait a la mienne un peu de sa jeunesse et de sa fraicheur. Je sentis renaitre en moi les sources des douces pensees! Oh! que n’etais-je jeune fille alors! J’eusse ete digne de vous. . .

Vous m’auriez aimee, peut-etre!. . . –Genevieve! ici Genevieve, s’ecria Belle-Rose bouleverse a cet accent, dites, ne l’avez-vous pas ete? A ce cri, un eclair de joie illumina la tete pale de Genevieve. –Je l’ai ete, reprit-elle; est-ce bien vrai cela?.

. . Est-ce la pitie qui vous inspire cette bonne parole ou votre coeur qui vous la rappelle? J’ai ete aimee! J’ai eu ma part de bonheur, et vous ne me maudirez pas, et vous aurez parfois mon nom sur vos levres! J’ai tant souffert, si vous saviez! j’ai tant prie et tant pleure! votre abandon m’avait rendu folle, votre colere me tuerait. Que faut-il que je fasse, dites? Votre volonte sera ma loi; parlez, et j’obeis. .

.

Mais ne me chassez pas de votre souvenir. .

.

Ou que j’aille, et quoi qu’il m’arrive, faites au moins que j’emporte un mot qui me console et me releve.

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