Une fois ces preuves entre les mains, le general gouverneur n’hesiterait pas a les traduire devant

Vous voyez que cette affaire n’a rien que d’honorable pour celui qui s’en chargera. –En effet, c’est meme un acte de patriotisme meritoire que d’acquerir cette certitude; et quels sont ces deux hommes? –Je ne vous ai pas dit leurs noms? –C’est la seule chose que vous ayez oubliee. –Oh! Ce ne sont pas les premiers venus, loin de la: le premier vient d’etre nomme secretaire particulier du general Ortega, et le second a, je crois, tout recemment leve une cuadrilla a ses frais. –Mais leurs noms, leurs noms? –Vous les connaissez bien, ou du moins je le suppose; le premier se nomme don Antonio Cacerbar et le second. .

. –Don Melchior de la Cruz, interrompit vivement don Felipe. .

. –Vous le saviez! s’ecria don Diego avec une surprise parfaitement jouee. –L’elevation subite de ces deux individus, le credit presque illimite dont ils jouissent aupres du president, m’avait deja donne a reflechir, nul ne comprend rien a cette faveur si soudaine. –Aussi, certaines personnes jugent-elles necessaire d’elucider la question en s’assurant d’une maniere positive de ce que sont ces deux hommes. –Eh bien, s’ecria don Felipe, je le saurai, moi, je vous le promets, et les preuves que vous voir la page exigez, je vous les donnerai. –Vous feriez cela? –Oui, je vous le jure, d’autant plus que je considere comme le devoir d’un honnete homme de prendre ces coquins la main dans le sac; et, ajouta-t-il avec un singulier sourire, nul mieux que moi ne possede les moyens d’obtenir ce resultat. –Puissiez-vous ne pas vous tromper, colonel! Car si cela arrivait ainsi, je crois pouvoir vous assurer que la gratitude du gouvernement envers vous ne se bornerait pas a la somme dont je vais vous remettre une partie. Don Felipe sourit avec orgueil a cette transparente allusion au nouveau grade qu’il ambitionnait. Don Diego, sans paraitre remarquer ce sourire, tira d’un grand portefeuille une feuille de papier pliee en quatre et la remit entre les mains du guerillero qui s’en empara avec un geste de joie et une expression de rapacite satisfaite qui donnait a ses traits, cependant assez beaux et assez reguliers, quelque chose de vil et de meprisable. Ce papier etait une traite de dix mille piastres payables a vue sur une grande maison de banque anglaise de la Veracruz. Don Diego se leva. –Vous partez? lui dit le colonel. –Oui, j’ai le regret d’etre force de vous quitter.

–A bientot, seigneur don Diego. Le jeune homme remonta a cheval et s’eloigna rapidement.

–Eh! murmurait-il tout en galopant, je crois que cette fois la souriciere est bien tendue et que les miserables y seront pris. Le colonel s’etait de nouveau assis sur le hamac et avait recommence a racler le jarabe avec plus de force que de justesse. XXVIII AMOUR Dolores et Carmen etaient seules au jardin. Blotties comme deux craintives fauvettes au fond d’un bosquet d’orangers, de citronniers, et de grenadiers en fleurs, elles caquetaient a qui mieux mieux. Dona Maria, legerement indisposee, gardait la chambre; ou, du moins tel etait le pretexte qu’elle avait donne aux jeunes filles pour ne pas leur tenir compagnie au jardin; en realite, elle s’etait enfermee afin de lire une lettre importante que don Jaime lui avait fait passer par un homme sur.

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