–tu conclus de cela? –je conclus que la situation est grave, critique meme et que, quelles

–Mon ami, cela n’est que trop clair; malheureusement nous n’avons aucun moyen de nous soustraire au sort qui nous menace, il nous faut pousser en avant quand meme. –Je le sais bien, et c’est ce qui me chagrine, dit le vaquero, avec un soupir etouffe, en jetant a la derobee un regard vers dona Dolores; s’il ne s’agissait que de nous la question serait bientot tranchee, nous sommes des hommes et nous saurons bravement nous faire tuer, mais ce vieillard et cette pauvre innocente enfant, notre mort les sauvera-t-elle? –Du moins nous tenterons l’impossible pour qu’ils ne tombent pas aux mains de leurs persecuteurs. –Voici que nous approchons du point suspect, pressons le pas afin d’etre prets a toute eventualite.

Ils mirent leurs chevaux au galop. Quelques le site minutes s’ecoulerent, ils atteignirent enfin un endroit ou le sentier, avant que de deboucher dans la plaine, faisait un coude assez brusque.

–Attention, dit le comte a voix basse.

Chacun appuya le doigt sur la gachette. Le coude fut passe, mais soudain toute la cavalcade s’arreta avec un frissonnement de surprise et de crainte.

L’entree du canon etait barree par une forte barricade faite avec des branches, des arbres et des pierres jetees en travers du sentier, derriere cette barricade une vingtaine d’hommes se tenaient immobiles et menacants; aux rayons du soleil levant on voyait etinceler les armes d’autres individus qui a droite et a gauche couronnaient les hauteurs.

Un cavalier fierement campe au milieu du sentier se tenait un peu en avant de la barricade.

Ce cavalier etait don Melchior. –Ah! Ah! dit-il avec un ricanement ironique, chacun son tour, caballeros, je crois que c’est moi en ce moment qui suis maitre de la situation et en mesure d’imposer des conditions. Le comte sans se deconcerter se rapprocha de quelques pas. –Prenez garde a ce que vous voulez faire, senor, repondit-il; un traite a ete loyalement conclu entre votre chef et nous, toute infraction a ce traite serait une trahison et le deshonneur en retomberait sur votre chef. –Bon, reprit don Melchior, nous sommes des partisans nous autres, nous faisons la guerre a notre mode sans nous inquieter de ce qu’on en pourra penser, au lieu d’entamer une discussion oiseuse et qui ne saurait avoir de resultat favorable pour vous, il serait il me semble plus sense de vous informer a quelles conditions je consentirai a vous ouvrir passage. –De conditions? Nous n’en accepterons aucune, caballero, et si vous ne consentez pas a nous laisser passer nous pourrons vous contraindre a le faire, si graves que doivent etre pour vous et pour nous les consequences d’une lutte. –Essayez, repondit-il avec un sourire ironique. –C’est ce que nous allons faire. Don Melchior haussa les epaules et se tournant vers ses partisans: –Feu, dit-il. Une effroyable detonation se fit entendre et un ouragan de fer s’abattit sur la petite troupe. –En avant! En avant! cria le comte. Les peones s’elancerent avec des hurlements de colere contre la barricade.

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