Toutes les brigades furent avisees et alessandri trouva des pretextes pour faire sur les routes des

Maurin fut prevenu par M. Rinal, qu’avait prevenu M.

Cabissol. Rendez-vous fut pris chez M. Rinal entre ces trois personnages. –Vous etes incorrigible, Maurin, dit Cabissol, mais vous suivez votre nature et il serait un peu ridicule d’insister. Cependant, tachez, nous vous en prions, de vous resister un peu a vous-meme. Surtout, evitez plus que jamais la rencontre des gendarmes. Ne faites pas quelque sottise qui acheverait de vous mettre a dos les pouvoirs constitues. Cette alerte passera comme le reste. En attendant, les elections approchent et je suis charge de vous prier: premierement de preparer ca et la, au hasard de vos promenades, la candidature Verignon; deuxiemement de combattre celle du comte de Siblas qui peut nous gener beaucoup; troisiemement d’empecher, s’il se peut, celle de votre ami Caboufigue. –Caboufigue se presente! dit Maurin suffoque d’etonnement. Ah! par exemple, celle-la elle empoisse! –Il en a parle; il n’est pas sans influence. Il est enormement riche; il a dote telle commune d’une fontaine Wallace, telle autre d’un buste de la Republique en fonte bronzee. Donc, il peut nous gener beaucoup. –Caboufigue se presente! murmurait Maurin stupefait. Ah ben! ce n’est donc pas a Gonfaron seulement que les anes veulent voler! Vous pouvez compter que je parlerai a Caboufigue. « Nous avons ete pauvres ensemble quand j’avais huit ans et qu’il en avait seize. Nous fumes alors mousses sur le meme bateau de peche. Il bedonnait deja, le porc! Nous nous roulions ensemble, a moitie nus, sur les plages de Cavalaire et du Lavandou. Depuis, il a fait fortune dans les mers lointaines, au diable; on dit qu’il a ete roi chez les negres; il s’est enrichi, je crois, dans les dents d’elephants et dans les peaux humaines. . . Vous pouvez compter que je le verrai et que je lui dirai ce qu’il faut! Caboufigue depute! Ah! non, je ne verrai pas ca! j’en ferais une maladie, misere de moi! Il ajouta avec un accent d’ironie impayable: –Qu’on le decore, passe! mais depute, representant du peuple! ah! non, pas ca! et j’en fais mon affaire! Le lendemain matin, Maurin emprunta l’embarcation d’un de ses amis, pecheur au Lavandou, pour se rendre a Porquerolles, l’une des iles d’Hyeres. Il emportait son fusil et il avait Hercule avec lui. Le vent etait favorable. Il hissa la voile et se mit a la barre. L’embarcation, inclinee, la quille presque hors de l’eau, filait comme une mouette. Jamais les chevaux des gendarmes ne pourraient suivre Maurin par ce chemin-la! Maurin allait rendre visite a son vieux collegue Caboufigue. Caboufigue etait, comme Maurin, un enfant de Saint-Tropez. Mais Caboufigue, neveu d’un oncle proprietaire de chenes-lieges, ayant herite, vers l’age de vingt ans, d’une honnete aisance, s’etait lance dans le site les affaires.

Il s’etait fait armateur.

Il n’avait qu’une instruction sommaire, mais il se trouva qu’il avait le genie du negoce et de la finance. Il avait entrepris plus d’un voyage d’ou il etait vraiment revenu cousu d’or et charge d’or.

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