Toute bete vient au piege en venant a ce qui lui plait

L’amour est le roi des pieges. Ou attend-on le lion d’Afrique? a l’abreuvoir, pardi! Et a l’abreuvoir ils ont pris Maurin! Que faire a present, sinon attendre? J’avais une femme, elle est morte. Ou me prendrait-on a present? nulle part. L’abreuvoir est vide, et moi je suis libre. Il faut boire a tous, et qu’on ne sache pas ou est votre habitude. J’ai bien la maison de mon frere, ou je vais quelquefois et qui est un brave frere, mais il ne parle pas et on ne sait jamais ou je suis. Il s’arreta, regarda au loin les gendarmes qui disparaissaient derriere l’autre versant de la colline, soupira et reprit sa marche et son discours: –Le jour de mon mariage, il y a vingt-cinq ans,–quelle sottise de se marier!–moi aussi ils vinrent pour me prendre, les gendarmes, le site a cause d’une mechante amende que je n’avais pas payee. Ils vinrent le soir meme de mon mariage. Celle-la, d’histoire, etait un peu forte!–Ils frappent a ma maison a la fin du jour. Ils ouvrent et ils me disent: « C’est vous qu’on vous dit Pastoure?–Oui. –Suivez-nous! » « Ma femme, mariee du matin, etait couchee depuis une minute a peine. Aussi, je l’eus leste, la reponse! et je leur dis seulement: « Demain matin de si bonne heure que vous voudrez, mais ce soir, c’est impossible.  » Ils voulaient m’emmener quand meme; mais le maire,–c’etait a Roquebrune–etait intelligent et apprenant ce qu’ils voulaient faire, il vint et leur dit: « Laissez-le tranquille jusqu’a demain: il n’a pas ete condamne a coucher seul la nuit de ses noces! » « Et c’est pourquoi naquit Pastoure, mon fils, Pastoure Firmin, qui depuis longtemps chasse et court la fille, le gueux!. .

. Et ce meme soir, au moment de me coucher avec ma femme–non! quel rire quand j’y pense!–je songeai tout a coup a un oubli que j’avais fait. –Voila ou vous menent les femmes: a oublier vos plus importantes affaires! Elle vit que je me rhabillais et elle me demanda: « Ou vas-tu?–Prenez le temps en patience, lui dis-je, en attendant que je revienne. J’ai oublie de faire boire le mulet!–Tu iras plus tard, » me dit-elle. « Mais tout de meme j’y allai tout de suite, content de lui montrer que si, un moment, les femmes nous font perdre l’idee de ce que nous avons a faire, on la retrouve bientot et l’on s’y tient quand on est vraiment un homme! Malheureusement, cette histoire, je l’ai contee a un collegue, et des plaisanteries, la-dessus, toute la vie on m’en a fait. . . Quand je vous le dis, mes amis de Dieu, qu’on parle toujours trop!. . . Ve, ve! attention, Hercule! Doucement, Panpan!. . . Deux fusils c’est vraiment beaucoup. . . Oh! la belle lievre!. . . Un lievre detalait, celui sans doute qu’avait manque Maurin une demi-heure auparavant. Le coup de fusil de Pastoure fut plus heureux. –Il en tient! « Apporte, Panpan! A Maurin ce coup de fusil, qu’il entend la-bas, fait comprendre que je le veille, car j’ai tire avec son fusil; et son maitre en reconnaitrait le son entre mille.

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. Il faut qu’il leur echappe, voleur de sort! c’est _euss_ qui rentreront sans rien au carnier, canaille de sort! A peine venait-il d’attacher le lievre par les pattes, de facon a pouvoir le porter en bandouliere comme une musette, qu’il s’arreta dans ses gestes, au moment precis ou son gibier, tenu en l’air a deux bras, le couronnait d’un trophee de victoire.

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