Tous les passages etant gardes, il fallait qu’un des chasseurs au moins vit et put tirer

En arrivant sur le terrain de chasse, Maurin, suivi de Pastoure muet comme une carpe, avait tout de suite pris les allures d’un chef a qui tout le monde doit obeir. Il disait au general: –Vous, restez la, derriere ce rocher, et ne bougez pas.

Et silence!. . . Et surtout ne fumez drive-master.com pas. Il disait au prefet d’une voix basse: –Vous, venez avec moi. Vous aurez un des meilleurs postes.

. . Tout le monde ne peut pas avoir les bons. Tonia admirait beaucoup ce grand gaillard vetu de toile, guetre de toiles et de ficelles, chausse de cordes, coiffe d’une loque et qui, avec une belle aisance, donnait des ordres a l’inspecteur des forets si fier dans son uniforme. –Vous, placez-vous ici! Et vous avez entendu la recommandation que j’ai faite au general, he? Pas de cigare, pourquoi les sangliers nous eventeraient.

C’est que. . . ca a du nez. . .

Au revoir! C’est sur ce meme ton qu’il separa brusquement Tonia de son pere.

Tonia, lorsqu’elle etait toute petite, avait voulu apprendre a tirer la carabine.

Et son pere, jugeant que, lorsqu’il la laissait seule a la maison, au milieu des bois, cela pourrait lui etre fort utile, lui avait enseigne lui-meme le maniement d’une arme a feu. Elle tirait assez bien. –Vous, la jolie fille, dit Maurin, il vous faut un poste a part, ou les sangliers passeront pour sur, mais ou vous n’aurez pas a vous occuper des autres chasseurs, ni pour eviter vous-meme leur coup de fusil, ni pour eviter de leur envoyer le votre. Il arrive, en effet, qu’en ces montagnes tres accidentees, les chasseurs, qui se croient postes tres loin les uns des autres, se trouvent, a vol d’oiseau, tres voisins, bien qu’ils aient marche beaucoup, apres s’etre separes, pour gagner leurs diverses embuscades. Le pere de Tonia, qui voyait les generaux, les prefets et les inspecteurs des forets obeir sans replique a Maurin, ne fit pas la moindre objection. Il obeit a son tour militairement et fut place au fond d’une gorge pendant que Maurin emmenait Tonia sur la hauteur. Aux chasseurs du pays, il avait dit seulement: –Placez-vous, vous autres, ou vous pouvez, pour le mieux. Les freres Pons repondirent: –Sois tranquille, Maurin, on sait ce qu’on a a faire.

–Et toi, Pastoure? –Oh! moi, dit Pastoure, je comprends qu’aujourd’hui, si on est ton ami, il faut que tu sois le roi de la chasse; je vais me poster a cote de M. Labarterie. (Il prononcait: Labarterille.

) Maintenant tous les chasseurs etaient chacun a leur poste, immobiles et muets,–quelques-uns decoupes en silhouettes dures sur le ciel et sur l’horizon de mer, d’autres a demi enfouis derriere une touffe d’arbousiers ou de genets. Ils _esperaient_.

Tonia, qui n’avait jamais tire le sanglier, etait emue. Seule au bord d’un sentier, entre deux hauts rochers, elle surveillait, en face d’elle, un plateau par ou, avait dit Maurin, _ils_ devaient venir. Du point ou elle se trouvait, elle n’apercevait personne. Elle n’entendait rien que le bruissement monotone, prolonge, des branches qui se frolent sous la brise.

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