–te! dit-il, avalo, couyoun! l’autre, peu accoutume a ces bombances, prit le bon morceau et se

Maurin le regardait faire avec une satisfaction qui eclata dans toute sa physionomie: –Tu es comme un petit loup de l’annee! fit-il avec admiration. Il ajouta aussitot, en maniere de reflexion philosophique: –C’est pas l’embarras: un pin fait un pin, et un chene fait un chene. .

. Tu es ma race, quoique tu me paraisses tenir un peu de ta mere pour la lecture! Tout a coup, sa physionomie s’attrista: –C’est dommage que tu m’as l’air de partir comme pour etre une fameuse petite canaille!. .

. Mais ca finira mieux que ca n’a commence; Dieu t’avait abandonne, pechere! Eh bien! fit-il en se designant du doigt, eh bien, tu le retrouves! Puis, apres un silence: –Je ne te perdrai pas de vue, bougre d’ane! Et si tu ne marches pas droit, gare a tes cotes! Tu connais mon poignet, hein, a cette heure?. . . Je n’entends pas que tu finisses au bagne! ca me derangerait beaucoup. Cesariot, en ce moment, rongeait l’os le plus resistant du lievre. Il le cassa tout a coup entre ses dents.

Alors, Maurin s’ecria, enthousiasme: –Ce n’est pas pour de dire, mais entre ta mere et moi, noum de pas Diou! nous t’avons f. . .

ichu dans la gueule deux rangees de dents qui feraient le bonheur d’un chien, que, mon homme!. . .

Dommage, que d’apres ce que je vois, pour le coeur, je ne sais pas de qui tu tiens, et peut-etre, malheureusement, tu l’as dur comme le reste. A ces mots: « ta mere et moi », Cesariot avait releve la tete et il regardait Maurin attentivement: –Voui, voui, je te comprends ton genre de folie, repliqua avec indulgence le bon Maurin, a ce regard inquiet. Et je n’ai dit que ce que ce site j’ai voulu dire. . . Vois-tu, triple imbecile que toi tu es, je te repete qu’on a toujours une mere et qu’il ne faut jamais lui faire contre. Eh bien! si elle ne veut pas te connaitre, la tienne, soyons de bon compte: pourquoi la contrarier? Et sentencieusement: –Pas plus de sa mere que des femmes on n’est aime quand on le veut, pitoua!. . . Quant a chercher si la tienne est riche, comme je t’ai dit, c’est une pensee de canaillette, mon fisto!.

.

. Pour moi, tu vois, je suis venu te parler en pere des que je l’ai cru necessaire. Ni les perdreaux, ni les sangliers, ni le chasseur Maurin, entends-tu, ne laissent leurs petits sans nourriture, et je t’ai aide, sans que tu le saches, plus d’une fois, et surveille toujours. J’ai fait ce que j’ai cru le meilleur d’apres les circonstances. On n’est pas toujours le maitre des choses. .

. Et a present, il faut, ecoute-moi bien, il faut que tu te tiennes tranquille chez ton patron Arnaud. . . « Si j’ai du bon pour tes affaires je te l’apporterai, compte la-dessus, foi de Maurin! mais je ne veux pas, comprends bien, entendre mal parler de toi.

Si ta mere t’a oublie, c’est, je te dis, qu’elle a ses raisons. Fais comme moi. N’y songe plus. . . Tu es jeune, pense aux jeunes.

Aime-les toutes. N’en trompe aucune. Ne t’engage jamais a rien. Elles viendront toutes seules et tu dormiras tranquille. . . Sinon, le pere Maurin, comme un revenant, te viendra, la nuit, tirer par les pieds.

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