Son visage etait calme, son oeil clair, sa demarche assuree; il s’approcha du president, s’arreta a

–Eh bien? demanda Miramon. –Je me suis avance jusqu’a la crete meme de la hauteur, Excellence, repondit-il, j’ai vu distinctement le bivouac des _Puros_; ils ne soupconnent pas votre presence: je crois que vous pouvez agir. –Ainsi, ils n’ont pas etabli de cordon de sentinelles sur la hauteur? –Non, general. –Bien, conduis-moi jusqu’a l’entree du sentier, il me faut voir les lieux afin de dresser mon plan d’attaque en consequence. Lopez ramassa son fusil et son chapeau.

–Je suis pret, dit-il. Ils s’avancerent; derriere eux, a une courte distance venait l’armee. Tout etait desert, ainsi que le guide l’avait annonce. Miramon examina le terrain avec la plus serieuse attention.

–Bon, murmura-t-il, je sais maintenant ce qui me reste a faire, et s’adressant au guide: –Ainsi, ton maitre est embusque de facon a prendre l’ennemi a revers, dit-il. –Oui, Excellence. –Mais comment le prevenir, afin que son attaque coincide avec la notre? –Rien de plus facile, Excellence; vous voyez cet arbre, qui s’elance solitaire et dont le faite, seul, domine la hauteur? –Oui, je le vois, eh voir la page bien? –J’ai l’ordre de couper la tete de cet arbre au moment precis ou vous commencerez l’attaque, la disparition de l’arbre, sera pour lui le signal de charger l’ennemi.

–Vive Dieu! s’ecria-t-il, cet homme est ne general, rien ne lui echappe; vas a cet arbre, monte dessus, et tiens-toi pret, lorsque tu me verras lever mon epee en l’air, d’un coup de ta machette tu trancheras la cime de l’arbre: tu m’as compris? –Parfaitement, Excellence, mais apres que ferai-je? –Ce que tu voudras. –Bon, alors je rejoindrai mon maitre. Il prit son cheval des mains de l’assistant qui le tenait en bride, et se dirigea tranquillement vers l’arbre. Miramon divisa son infanterie en trois corps, et placa sa cavalerie en reserve. Toutes les dispositions prises, les troupes commencerent l’ascension de la hauteur. Lorsqu’elles atteignirent le sommet. –En avant! En avant! s’ecria Miramon en brandissant son epee et s’elancant sur la descente. Toute l’armee roula derriere lui comme une avalanche. En voyant le president lever son epee, d’un seul coup Lopez avait tranche la cime de l’arbre au sommet duquel il se tenait, puis, cet exploit accompli, il s’etait laisse glisser en bas, avait saute sur son cheval et s’etait elance au galop a la suite de l’armee. L’apparition subite des troupes de Miramon avait cause un desordre affreux dans le bivouac des Puros, qui etaient loin de s’attendre a une attaque aussi brusque et aussi vigoureuse, leurs espions leur ayant assure qu’aucun corps d’armee ne tenait la campagne. Les soldats sauterent sur leurs armes, et les officiers essayerent d’organiser la resistance, mais avant meme que les rangs fussent formes, deja les troupes du president etaient sur eux, et les chargeaient avec furie, aux cris de. . . –Vive Mexico! Miramon! Miramon! Cependant les generaux qui commandaient les Puros, officiers braves et intelligents, se multipliaient pour resister; a la tete des soldats qui deja s’etaient armes et avaient, tant bien que mal, forme leurs rangs; ils engagerent une fusillade meurtriere, les canons avaient ete mis en batterie et ouvrirent un feu terrible contre l’infanterie du president.

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