Son fusil partit tout seul et la balle enleva, avec le chapeau de sandri, une meche

Le charbonnier roula a terre, grotesquement etale de tout son long, et si malheureusement, que le second gendarme se prit les jambes dans les siennes et tomba a son tour sur le derriere, tandis que Sandri etanchait la goutte de sang qui, coulant de son crane sur ses joues, rendait ses pommettes drive-master.com plus roses. Et la-bas, sous bois, tout en prenant « la lievre » aux dents du bon chien fidele, Maurin et Pastoure, temoins de l’aventure, en riaient a plein coeur. –ca me rappelle, disait Maurin a Pastoure, dont la gaiete silencieuse illuminait la large face, un bon tour que je jouai a un gendarme quand j’avais vingt ans.

Figure-toi. . . . Les eclats de rire des deux chasseurs se perdaient dans l’echo de la vallee rocheuse, pendant que la soeur de Grondard versait un peu d’eau-de-vie sur la blessure du gendarme, en lui faisant les yeux doux. –Je crois, grommelait Alessandri, que ce damne Maurin est un peu sorcier! Quelques jours plus tard, il recevait l’ordre d’arreter Maurin partout ou il le rencontrerait. CHAPITRE XXIV Mes bons amis, quand on la tient, il faut plumer la poulette.

Peu de jours apres, Maurin faisait avertir Pastoure qu’il eut a se trouver, le lendemain, a la cantine du Don. La, il comptait dejeuner joyeusement, si les gendarmes ne troublaient pas la fete, et il pensait bien trouver une occasion de faire sa cour a Tonia. La maison forestiere du Don, situee sur la pente de la colline, n’est pas eloignee en effet de la cantine qui s’ouvre sur la route. Elle lui plaisait de plus en plus, cette Antonia la Corsoise. Qu’elle fut fiancee a Alessandri, cela rendait pour Maurin sa galante poursuite toujours plus piquante a mesure que l’inimitie du gendarme se faisait plus persecutrice. Et s’il allait plaire a Antonia et qu’elle se mit en tete de planter la son gendarme pour les beaux yeux du braconnier, quelle amusante victoire! D’y penser, Maurin riait de contentement. Il etait arrive assez pres de la maison forestiere, a un quart de lieue a peine, et il suivait la route, quand un bruit insolite attira son attention. Immobile comme un chien a l’arret, un pied en l’air, il ecouta. Son chien l’imita consciencieusement. Son oreille de chasseur avait percu, a travers le bruissement immense de la foret, parmi quelques cris de geais et de pies, un son singulier, pareil a une plainte humaine.

Le fusil au poing, Maurin attendait il ne savait quoi. Tout a coup un appel desespere, un cri de femme eclata, aigu, sous bois, a quelque distance.

. . Alors, d’une voix de commandement qui retentit dans l’echo de la montagne rocheuse, Maurin cria son nom en provencal: –_Moourin deis Maouros!_ Le nom celebre de Maurin ainsi lance a pleine voix en notes prolongees et immediatement suivi d’un cri de chat-huant qui eut ete inimitable pour tout autre, annoncait, quand il le jugeait bon, sa presence aux habitants de la contree.

Les petits enfants meme des villages du Var connaissaient cette habitude de Maurin et essayaient de reproduire sa clameur dans leurs jeux.

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