–sacrebleu, ca serait facheux pour nous, s’il y en avait beaucoup de votre espece

–J’ose le croire, monsieur! confirma Maurin, avec le geste d’arranger son chapeau en aureole. –Voulez-vous accepter la place de mon garde, maitre Maurin? J’augmenterai les appointements. –Cette fois, par exemple, vous faites fausse route. ca m’etonne de votre part; regardez-moi bien. –Allons, prends les faisans et cette bourse. –Je prends les faisans, que je les ai merites en tirant droit. Et puis, ces deux-la, je les ai tues au-dessus de l’eau de la mer, qui est a moi autant qu’a vous. –Pourquoi laisses-tu la bourse? –Par la raison que vous voudriez bien que je la prenne! –Explique-moi ca? –Si je la prends vous marquerez, sans devenir plus pauvre, votre superiorite sur moi, puisque je ne serai pas fier. –Tu es un fameux homme, et je te jure que tu me plais! Et familierement, affectueux meme, le jeune comte, qui etait homme de haute stature, prit Maurin par l’oreille et la lui pinca comme a un enfant; c’etait pure gentillesse, mais Maurin cessa de sourire. –A quoi penses-tu? –A deux choses a la fois. –Quelle est la premiere? –D’abord que vous ne me prendriez pas comme ca par l’oreille si, au lieu de m’avoir fait venir sur votre bateau, vous m’aviez rencontre dans votre bois. –Et tu en conclus? –Que sur votre bateau vous vous sentez mieux chez vous. –Et a quelle autre chose as-tu pense, quand je t’ai pris par l’oreille? –A mon ami Caboufigue, qui, pas plus tard que ce matin, m’a un peu tape sur le ventre. –Eh bien? interrogea le jeune comte charme.

–Eh bien, dit Maurin froidement, sur le ventre c’etait, monsieur le comte, l’impertinence d’un bourgeois.

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Je le lui ai dit, ou du moins j’ai tache de lui faire entendre. –Maitre Maurin, dit le comte, touchez la. Vous etes un homme; et tout ce que j’ai fait n’etait que pour vous eprouver. Pardonnez-moi. Et quand vous voudrez un faisan qui vous aura ete commande, venez le tuer dans mon ile. Je vous donne ma parole que vous avez un ami. –Monsieur le comte, dit Maurin avec noblesse, j’accete (j’accepte) et je vous donne ma parole que vous ne vous repentirez pas de votre bonte. . .

Au lieu de manger du faisan les gens de noce a l’avenir mangeront du lievre. . .

Je suis fier d’etre votre ami, pourquoi vous etes un brave homme. . . C’est drole, vous m’avez remue le sang. Il secoua la main que lui tendait le gentilhomme, en ajoutant: –Les opinions ne doivent pas empecher les sentiments.

Il prit le plus beau des trois faisans, le deposa sur le pont et dit: « En vous remerciant! » Et comme il avait deja le pied sur l’echelle, il revint sur ses pas, secouant la tete: –Puisque nous sommes une paire d’amis, monsieur le comte, j’aurais tout de suite quelque chose a vous dire. . .

Il faut saisir les occasions. –Dites, Maurin. –Vous permettez? veritablement? –De tout mon coeur. –Eh bien, pourquoi est-ce que vous vous presentez drive-master.com aux elections qui viennent?. . . C’est une betise! –Je veux faire plaisir a mes amis. –ca vous regarde. Mais, a votre place, j’aimerais mieux me faire aimer dans le pays que m’y faire dire.

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