Rinal et s’informer de son fils; il fut heureux d’apprendre que le petit montrait de l’intelligence

Quant a l’idee de poursuivre les deux evades et de les capturer sans l’aide de la gendarmerie, elle lui etait venue toute seule a lui-meme, par la raison, confia-t-il a M. Rinal, qu’ils avaient, a sa connaissance, _insurte_ (insulte) une femme, et meme une jeune fille, de ses amies. . . Lorsqu’il songeait a eux, il ne les appelait plus lui-meme que les insulteurs de Tonia, et le sang lui bouillait de colere. –Bravo!. . . tout cela est voir la page d’un chevalier francais. .

. ou maure! repliqua en riant le bon M. Rinal.

Puis Maurin alla embrasser son fils chez les braves gens qui l’hebergeaient et passa la plus grande partie de la nuit sous leur toit; et, une heure avant le lever du soleil, il repartait pour arriver premier aux bons endroits a becasses, lesquelles se montrent a la Toussaint comme chacun sait. Pastoure l’attendait. Ils en tuerent cinq, puis jugeant d’un commun accord que, toute affaire cessante, ils devaient _tracer_ les deux evades comme de simples sangliers, ils quitterent l’autre chasse pour celle-la.

CHAPITRE XXVIII La voix du peuple nomme Maurin general et Pastoure colonel.

Quelques jours plus tard, a La Molle, soixante chasseurs etaient reunis par les soins de Pastoure, pour faire une battue et prendre les deux voleurs qu’on avait signales dans les environs. Tous les habitants du village entouraient Parlo-Soulet et chacun disait son mot sur la direction a prendre. Pastoure, muet, faisait de grands gestes au milieu d’un groupe, mais Maurin manquait encore a l’appel. –Ah! dit l’un des chasseurs, Maurin nous serait bien necessaire pour conduire la battue! Quoique Pastoure soit la, nous pouvons regretter Maurin. –Il viendra peut-etre, dit un autre. –Il viendra surement, dit un troisieme, pour la raison que c’est lui-meme qui nous a fait appeler. Il viendra, je vous dis, quand il devrait marcher sur la tete pour venir! –Non, il ne viendra pas. –Et pourquoi ne viendrait-il pas? –Parce que les gendarmes d’Hyeres sont ici de passage, et peut-etre n’est-ce pas par hasard. Il y a des traitres partout. On les aura prevenus que Maurin nous avait donne rendez-vous ici. –Si quelqu’un les a prevenus, c’est Grondard. –Celestin? –Oui, Celestin. . . tu sais bien. –Ah! oui!. . .

Alors, comme ca, Maurin ne viendra pas? –Lui? il se moque des gendarmes comme des premieres espadrilles qu’il a chaussees.

Il sait que nous l’attendons, il viendra. –Mais les gendarmes voudront l’arreter? Pastoure, silencieusement, frappa sur l’epaule du dernier qui avait parle, et, etendant le bras, lui designa les gendarmes qui, descendant de cheval a la porte de l’auberge, attachaient leurs montures a l’anneau scelle dans le mur.

–Regarde. . . Les voici, les gendarmes. Ah! ah! le beau Sandri a voulu etre de la fete, on lui donnera du fil a retordre. –Qu’a-t-il donc a craindre des gendarmes, un honnete homme comme notre Maurin? –On l’accuse d’avoir tue le vieux Grondard. –Et quand bien meme! Grondard cent fois meritait la potence! –La justice ne raisonne pas comme ca.

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