Que savez-vous encore? –les rangs des partisans du president s’eclaircissent de plus en plus, ses plus

–Tiens, tiens, tiens, c’est bon a savoir, cela. –Vous voila averti. –Merci, nous veillerons, est-ce tout? –Pas encore. Reduit, ainsi que je vous l’ai dit, a la derniere extremite et voulant se procurer de l’argent, n’importe par quel moyen, Miramon s’autorise de l’enlevement de la conducta de _Laguna seca_, opere par votre parti.

–Je sais, interrompit le colonel, en se frottant les mains, ce fut moi qui operai cette _negociation_; malheureusement, ajouta-t-il avec un soupir de regret, de tels coups de filets sont rares. –Miramon est donc resolu, continua don Antonio, d’enlever l’argent de la convention qui se trouve en ce moment a la legation britannique.

–C’est une superbe idee, ces diables d’heretiques seront furieux; quel est l’homme de genie qui lui a souffle cette pensee qui le brouille irremissiblement avec l’Angleterre; c’est que les _gringos_ ne plaisantent pas sur la question d’argent. –Je le sais, aussi est-ce par mes soins que cette idee lui a ete suggeree. –Senor, dit majestueusement le guerillero, vous avez en cela bien merite de la drive-master.com patrie! Mais cet argent ne doit pas etre considerable. –La somme est assez ronde. –Ah! Ah! Combien a peu pres? –Six cent soixante mille piastres [2]. Le guerillero eut un eblouissement. –!Caray! s’ecria-t-il avec conviction, je lui rends les armes, il est plus fort que moi, l’affaire de Laguna Seca n’etait rien en comparaison, mais avec cette somme !Dios me libre! Il va etre en mesure de recommencer la guerre. –Il est trop tard maintenant, nous y avons mis bon ordre, cette somme sera depensee en quelques jours, reprit don Antonio avec un mauvais sourire; rapportez-vous en a nous pour cela.

–Dieu le veuille! –Voici, quant a present, tous les renseignements qu’il m’est possible de vous donner; je les crois assez importants. –!Caray! s’ecria le guerillero, ils ne sauraient l’etre davantage. –J’espere, dans quelques jours, vous en donner de plus serieux encore. –Toujours ici.

–Toujours, a la meme heure, et au moyen du meme signal. –C’est convenu; ah! Le general va etre fort satisfait d’apprendre tout cela. –Venons maintenant a notre seconde affaire, celle qui nous regarde nous deux seuls: qu’avez-vous fait depuis que je vous ai vu? –Pas grand chose; les moyens me font defaut, en ce moment, pour me livrer aux difficiles recherches dont vous m’avez charge. –Cependant la recompense est belle. –Je ne dis pas, repondit distraitement le guerillero. Don Antonio lui lanca un regard percant. –Doutez-vous de ma parole? dit-il avec hauteur.

–J’ai pour principe de ne douter jamais de rien, senor, repondit le colonel.

–La somme est forte. –C’est justement cela qui m’effraie. –Que voulez-vous dire? Expliquez-vous don Felipe. –Ma foi, s’ecria-t-il en prenant tout a coup son parti, je crois que c’est le mieux que j’aie a faire; ecoutez-moi donc.

–Je vous ecoute, parlez. –Surtout, ne vous fachez pas cher seigneur, les affaires sont les affaires, que diable, et doivent etre traitees carrement.

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