Quant a don antonio, comme jamais il n’avait vu don jaime a visage decouvert, il ne

Pendant que le president rentrait au palais, don Jaime qui s’etait arrete sur la place Mayor avait mis pied a terre et avait ete rejoint par le comte et Dominique, auxquels il avait donne rendez-vous, mais qui ne l’auraient pas reconnu s’il n’avait pas eu la precaution de marcher droit a eux.

–Vous partez avec l’armee? lui demanderent-ils. –Oui, mes amis, je pars, repondit-il, mais bientot je serai de retour ici; malheureusement la campagne ne sera pas longue. Pendant mon absence, redoublez de vigilance, je vous prie; ne perdez pas de vue la maison de ma soeur: un de nos ennemis restera dans la ville. –Un seul? fit Dominique. –Oui, mais c’est le plus redoutable des deux. Celui auquel tu as si maladroitement sauve la vie, Dominique. –Bon, je le connais, celui-la, repondit le jeune homme, il n’a qu’a bien se tenir. –Et don Melchior? dit le comte. –Celui-la, il ne nous inquietera plus, repondit don Jaime avec une expression singuliere; donc, chers amis, veillez attentivement, et ne vous laissez pas surprendre.

–Bon, s’il le faut, nous nous ferons aider par Leo Carral et par nos domestiques. –Ce sera plus prudent, et meme peut-etre ferez-vous bien de les loger dans la maison.

–C’est a quoi nous allons songer. –Maintenant separons-nous, j’ai affaire au palais; au revoir, mes amis, a bientot. Ils se separerent. Don Jaime entra dans le palais; il se dirigea vers le cabinet du president. L’huissier le connaissait, il ne fit aucune difficulte pour le laisser passer. Miramon ecoutait les rapports que lui faisaient plusieurs batteurs d’estrade, touchant les mouvements de l’ennemi. Don Jaime s’assit et attendit patiemment que le president eut fini son interrogatoire.

Enfin le dernier batteur d’estrade termina son rapport et se retira. –Eh bien, dit en riant le president, avez-vous vu l’ambassadeur? –Certes, hier en vous quittant, general. –Et la fameuse lettre? –La voila, dit-il en la lui tendant. Le general fit un geste de surprise, prit le papier et le lut rapidement. –Eh bien? lui demanda don Jaime. –Nous avons non seulement carte blanche, repondit-il, mais encore je suis prie de sevir contre cet homme, c’est merveilleux; vous avez, sur mon honneur, tenu plus que vous ne promettiez. Comment avez-vous fait? –J’ai simplement demande la lettre. –Vous etes l’homme le plus mysterieux que je connaisse; a moi de tenir ma promesse, maintenant. –Rien ne presse.

–Vous ne voulez plus le faire arreter? –Au contraire, mais a notre retour seulement.

–Comme il vous plaira; mais, d’ici la, qu’en ferons-nous? –Nous le laisserons ici, sous les ordres du commandant de place. –Pardieu, vous avez raison! Le president ecrivit un ordre, le cacheta et appella l’huissier. –Le colonel Cacerbar est-il la? demanda-t-il. –Oui, Excellence. –Qu’il porte site de l’entreprise cet ordre au commandant de place. L’huissier prit l’ordre et partit. –Voila qui est fait, dit le president.

Don Jaime demeura aupres du general, jusqu’a l’heure du depart. A la tombee de la, nuit, les troupes commencerent a defiler sur la place, entourees du peuple qui poussait des vivats.

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