Quant a chercher si la tienne est riche, comme je t’ai dit, c’est une pensee de

. . Pour moi, tu vois, je suis venu te parler en pere des que je l’ai cru necessaire. Ni les perdreaux, ni les sangliers, ni le chasseur Maurin, entends-tu, ne laissent leurs petits sans nourriture, et je t’ai aide, sans que tu le saches, plus d’une fois, et surveille toujours. J’ai fait ce que j’ai cru le meilleur d’apres les circonstances.

On n’est pas toujours le maitre des choses. . . Et a present, il faut, ecoute-moi bien, il faut que tu te tiennes tranquille chez ton patron Arnaud. . .

« Si j’ai du bon pour tes affaires je te l’apporterai, compte la-dessus, foi de Maurin! mais je ne veux pas, comprends bien, entendre mal parler de toi.

Si ta mere t’a oublie, c’est, je te dis, qu’elle a ses raisons. Fais comme moi. N’y songe plus. . . Tu es jeune, pense aux jeunes. Aime-les toutes. N’en trompe aucune. Ne t’engage jamais a rien. Elles viendront toutes seules et tu dormiras tranquille. .

. Sinon, le pere Maurin, comme un revenant, te viendra, la nuit, tirer par les pieds.

. . Et c’est assez de paroles.

ca suffit pour le premier jour. Te! acheve la bouteille. . . Et en route chez maitre Arnaud! Je t’ai dit pour l’heure tout ce que j’avais a te dire. . . Maurin avait allume sa pipe. –Tu fumes, petit? –Oui, dit l’autre. –Alors garde aussi ma pipe, en souvenir; j’en ai trois autres dans le carnier.

C’etait une pipe dont le tuyau etait un roseau tres fin et le fourneau un bout de racine de bruyere creusee au couteau.

–Bien entendu, celle-la, je l’ai faite moi-meme, dit Maurin. . .

mais Pastoure est plus drole que moi pour les pipes.

Il leur sculpte tres bien des caricatures de singes ou des grimaces de deputes. Ils fumerent longtemps, silencieux. Cesariot s’habituait deja a l’idee d’avoir pour pere ce fameux chasseur, dont on parlait tres loin a la ronde et que tout le monde vantait. Capoulade entra, ne les entendant plus jaser. –Et alors, dit-il, veux-tu prendre un coup d’aiguarden, he, Maurin? –ca n’est pas de refus, Capoulade.

L’aiguarden est une chose bonne, quand on n’en abuse pas. Une heure ici apres Maurin remettait son fils au patron Arnaud. –Je lui ai donne un pere, dit-il simplement, un bon, vu que c’est moi.

Et s’il se derange encore, ecrivez-moi. Voici mon adresse: « _Monsieur Rinal, medecin de la marine en retraite, a Bormes (Var), pour remettre a Maurin des Maures. _ Quand il repassa tout seul sous le pin Berthaud, Maurin leva le nez, cherchant a apercevoir parmi les pignes le couteau de son fils.

Il le vit, grimpa dans l’arbre, non sans peine, et comme il etait la-haut, au milieu des branches, des paysans qui traversaient la route lui crierent: –Eh, la-haut! que fais-tu, l’homme? –Je cueille des pignes, parce que je n’ai pas d’allumettes; c’est pour allumer ma pipe. –Et comment allumes-tu les pipes sans allumettes, toi? –Je mets les pignes en tas et je leur tire un coup de fusil a bout portant.

.

. ca les allume et je m’allume. . . Oh! ca n’est pas la premiere fois. Seulement, ca coute cher, au prix ou est la poudre! Et de rire.

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