–quand tu seras sortie des bois et que tu arriveras dans la plaine habitee, je te

–De male encontre, repliqua-t-elle etourdiment, je n’en crains point! –Et tu vois bien que tu n’as pas raison, dit-il en riant, car il t’en est arrive une ce matin. Elle le regarda d’un air grave.

–Ne plaisante pas, dit-elle,–que ce n’est pas bien le moment. Ce qui est arrive sera triste si tu n’es pas un brave garcon, car, si tu n’es pas un brave garcon, tu ne m’epouseras pas et alors, acheva-t-elle avec beaucoup de simplicite, je crois que je finirai par te tuer.

–Que je t’epouse! C’est donc une idee qui te plait enormement? Je vois que (comme il est d’habitude avec les femmes) nous allons nous chamailler longtemps sans que ton idee te lache d’un cran! –C’est que cette idee ne me quitte que pour me reprendre. –Elle pourrait etre selon la justice, dit Maurin qui fumait tranquillement, si je t’avais volee malgre toi a toi-meme! Mais de ma vie je n’ai fait chose semblable, car c’est la action de canaille. .

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Tu savais tres bien au contraire ce que je voulais, et tu avais une aiguille corse pour m’arreter. –Enfin, dit-elle, m’aimes-tu? –Pour sur, fit Maurin sincere, pour sur! et non guere! je te l’ai dit et repete. –Et voudras-tu de moi pour femme? –Tu as la decidement une idee qui tient comme une arapede au rocher, dit Maurin; mais raisonne un peu. Si je te voulais epouser, ton fiance se facherait, ton pere me drive-master.com refuserait, et tout cela c’est une mauvaise affaire. –Mon fiance ira au diable et mon pere ou il voudra! et l’affaire ne regarde, au bout du compte, que moi. –C’est que. . . ma liberte, j’y tiens beaucoup! dit Maurin. Certainement, ce me serait grand plaisir, en rentrant a la maison, de trouver chaque soir la gentille femme que toi tu es, assise pres de la lampe allumee et de la soupe chaude, mais je n’y rentre guere a la maison, vois-tu. Les maisons ne sont pas faites pour moi. Ma mere rarement me voit. Je suis comme le lievre qui a tous les gites et qui n’en a point. Aie donc avec moi un amour de peu de temps et songe que les gendarmes deviennent brigadiers avec des protections. –Ainsi, tu supportes l’idee, fit-elle en se levant, de me voir donner a Sandri? –Pas maintenant, non, fit Maurin sans sourciller, mais je sais bien que je la supporterai un jour, quand il le faudra. –Et moi, dit-elle enervee par toutes ces flegmatiques resistances, jamais je ne supporterai que tu sois, meme une heure, a une autre femme ou fille! –Une seule poule ne suffit pas a entourer un coq, fit sentencieusement Maurin. Comment veux-tu que je reponde de moi? ca ne serait pas dans la nature. . . Tu le vois bien, par la, que je ne peux t’epouser. –Et crois-tu que si je reste tienne sans etre ta femme, je serai moins jalouse, et t’en permettrai d’autres? Tiens, Maurin, voici, pour en finir, mon idee sur toi et sur moi.

Ce qui est arrive etait dans mon destin, soit; je reconnais qu’apres tout je l’ai voulu comme toi et en meme temps; et qu’a la bonne Mere, tout en la priant pour qu’elle me delivrat de penser a toi, j’etais surtout contente de ne parler que de toi.

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