Quand la foule connut les intentions de grondard, elle se mit a le huer: –hou! la

–S’il veut marcher avec vous, il marchera seul. . . Personne n’ira a la battue. –Zou! a lui! a coups de pierre!. .

.

Les gendarmes, sous la poussee de l’opinion publique, conseillerent a Grondard de se retirer. Il refusa. A ce moment Pastoure prit une resolution.

Il parla: –Maurin et moi, mes amis, nous avons trace les mandrins comme des sangliers. .

. Venez; nous les aurons pour sur. De la maniere qu’ils etaient situes il y a une heure, si on y va tout de suite ils sont pris.

–Ou est Maurin? ou est Maurin des Maures? –Chut! il n’est pas loin d’ici, declara Pastoure, baissant la voix; il s’est cache, car il prevoyait un peu la gendarmerie. Il nous rejoindra.

. . partons, mais debarrassons-nous des gendarmes. –Maurin est par la? Qu’il se montre a notre tete! Maurin! Maurin! –Oui! cria Alessandri qui s’avanca entraine par sa haine, qu’il se montre! je suis venu pour le voir! qu’il se montre! –Present! cria Maurin, qui sortit tout a coup d’une remise dont la porte s’ouvrit sur la route. Sandri, suivi de l’autre gendarme, s’elanca vers Maurin. –Ah ca, mais!. . . Vous voulez donc l’arreter? ca n’est pas a croire! ni a faire! La petite armee des chasseurs barrait la route aux gendarmes.

–Vous ne l’arreterez pas! –Et qui m’en empechera? cria Sandri exaspere. Toutes les voix repondirent: –Moi! moi! moi! Et une centaine d’hommes entouraient les gendarmes, les empechant d’avancer et meme de se mouvoir. . .

Les femmes sortirent des maisons et se montrerent les plus passionnees en faveur de Maurin. Le tumulte dura un moment, si bien que tout a coup, par-dessus la foule des tetes, Alessandri et le gendarme son camarade apercurent Maurin et Pastoure en train de detacher les chevaux militaires. . . Allaient-ils donc recommencer leur fameuse equipee de l’auberge des Campaux? –Le premier qui m’empeche d’avancer, je le brule! hurla Alessandri, le revolver au poing, au comble de la fureur. Comme par enchantement, son revolver lui fut arrache. Mais Celestin Grondard, a qui personne ne pretait plus attention, avait contourne la foule et il se precipitait a la tete des chevaux.

Deja il etendait les mains pour saisir la bride du cheval de Sandri sur lequel venait de s’elancer Maurin, quand il recut sur la tete un maitre coup de crosse. Le geant noir tomba. Et Maurin et Pastoure, donnant du talon dans le flanc des chevaux officiels, partirent a fond de train. Au bruit du double galop, la foule se retourna: –Vive Maurin! Vive Maurin! Vive Pastoure! Vive le roi des Maures! Grondard fut releve, la tete un peu fendue. On le conduisit dans le cafe du village, pour le panser a l’eau-de-vie. Consternes, les gendarmes l’interrogeaient: –Qui t’a frappe? –Maurin, de la crosse de son fusil! Les deux gendarmes demontes se concertaient. Que devaient-ils faire? Requisitionner une voiture, drive-master.com un cheval, suivre Maurin et Pastoure? Peut-etre les voleurs de chevaux allaient-ils rencontrer sur la route les gendarmes de Cogolin, et alors, ils seraient pris. .

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