Puis, apres reflexion, lui donnant sur le museau une petite tape, une caresse tendre, toute pleine

. . _Oouras mai quaouco couyounado!_ ce qui peut se traduire ainsi: « Tu auras fait encore quelque mignonne sottise, nigaud! » Mais, _vai_, ajouta-t-il, ce n’est pas moi qui t’acheterai!. . . . . . On ne m’attrape pas deux fois!.

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. Je vois bien que tu as tout a fait l’air d’un ane, mais je suis paye pour savoir que tu n’es qu’un moine! » –Ce qui prouve, s’ecria Maurin, que bien avant les assignats, il y avait des anes qui parlaient comme des hommes; mais vous trouveriez plus facilement aujourd’hui des hommes qui parlent comme des anes!.

. . C’est egal, monsieur Cabissol, vous la contez comme un malin! et si j’avais votre talent, je ferais des livres le jour et la nuit. –Il y a trop d’ecrivains, dit M. Labarterie. Et plus il y a d’ecrivains, moins il y a de lecteurs. –Et plus il y a de vin, dit Maurin, moins on en vend. . . Pauvre France! En sortant, le general dit a M. Labarterie: –Je n’aime pas ce prefet chercheur de popularite, qui invite a diner des goujats avec des gentlemen. Il m’avait demande la permission d’inviter Maurin a diner, c’est vrai,–mais je ne savais pas que ce braconnier se paierait ma tete et la votre.

Ce doit etre un anarchiste. Ils le sont tous dans le Var. –Je renonce a representer ces gens-la au Palais-Bourbon, dit M.

Labarterie d’un air important. Il assura sa casquette-melon sur sa tete et son cor de chasse sur son epaule: –« J’y renonce. Ce sont eux, les vilains merles! Je me porterai dans un departement du nord. –Eh bien! monsieur le prefet? disait Cabissol, croyez-vous voir la page que c’est un type, notre Maurin! je vous dis qu’il lui faudrait Balzac pour historiographe.

Ce qu’il y a en lui de genie de race est inexprimable. Il y a trop de choses a la fois dans un seul de ses regards et de ses gestes! –C’est vrai, dit le prefet. Cet homme, c’est toute une race, mais malheureusement le meilleur de lui est intraduisible. –Aucune emotion ne se transmet au moyen des mots. L’art ne peut que donner un ressouvenir des choses, et c’est deja bien joli. S’il en etait autrement, la poesie ecrite suffirait aux amoureux.

CHAPITRE XIX Ou apparait, pour le grand ennui de Maurin et la plus grande satisfaction de la gendarmerie nationale, un nouveau personnage noir comme un diable. Grondard etait charbonnier. Il habitait avec sa famille, a travers les Maures, une sorte de hameau forme de cinq ou six cabanes qu’il allait construisant, demolissant et reconstruisant sur tous les emplacements ou on l’appelait, des divers points de la montagne, pour faire du charbon. Sa famille se composait de quatre filles de douze a dix-neuf ans et d’un fils de vingt ans, Celestin Grondard, qui etait, comme son pere, un mauvais geant. Grondard le pere etait un colosse, a la face et aux mains toujours noires de charbon. Cet horrible athlete avait des moeurs dignes des anciens dieux de Rome et de la Grece. En disant: « c’est un veritable _oedipe_ », le percepteur l’avait flatte.

oedipe est une conscience. Les crimes d’oedipe furent involontaires. oedipe adore son Antigone.

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