–prenez-le, fit maurin, mais vous n’etes pas aimables

« Croyez-vous que je vais le gonfler en ballon et ensuite m’asseoir dessus pour m’envoler par la fenetre? Dans le carnier beant qu’ils visiterent, ils ne virent rien de suspect et s’etant regardes encore pour se demander ce qu’il fallait faire, ils sortirent, disant: –Allons! il est sage. .

. Nous te le laissons, ton carnier. Il ressortirent, etayant de nouveau la porte avec la poutrelle.

Maurin les ecouta s’eloigner, puis causer ensemble, d’une voix alourdie par le plaisir du repos et de la securite. Par un trou de la porte, il put meme les voir paisiblement assis l’un pres de l’autre.

Alors, les surveillant de temps a autre d’un regard furtif, il prepara, en toute hate et adresse, la fuite meditee. Pour accrocher la corde dans la cellule, rien.

Pas un clou sur la porte. Pas une ferrure a la fenetre. Il coupa contre le mur exterieur une branche de lierre des plus fortes.

Il agissait sans bruit, comme un renard qui frole a peine la broussaille. . . Avec un morceau de sa corde, il attacha solidement une pierre de moyenne grosseur, ficelee en croix, au bout du baton noueux que lui avait fourni le lierre. A l’autre bout du baton il amarra ce qui lui restait de sa corde, et il lanca au dehors toute la longueur de l’amarre. Puis il fit pendre du rebord de la fenetre, a l’interieur, toute la longueur du baton, assez court pour que, lorsque la corde serait tiree du dehors, la pierre ne touchat point le sol. Et alors il se vit sauve! Il pouvait en effet descendre, au moyen de cet appareil, jusqu’a cet endroit ou le lierre dru formait comme un pont entre la muraille, d’un cote, et de l’autre la cime d’un chene auquel il s’enlacait par ses mille bras et ses mille racines. Et quant a la resistance de l’engin, elle venait de cette raison qu’il eut fallu un poids bien des fois plus lourd que le poids de Maurin pour soulever ce levier vertical: le baton qui portait la pierre. Maurin les connaissait toutes, les ruses! Il avait, comme on dit, des notes et des remarques. Tout cela fut fait tres vite. Un dernier coup d’oeil au trou de la porte: il vit les gendarmes qui buvaient, confiants, surs d’eux-memes. Il mit sur son echine son carnier, enjamba la fenetre, posa ses pieds dans un joint du mur, se suspendit d’une main au rebord de la fenetre, tira a lui la corde jusqu’a ce que le baton fut bien bloque, a son point d’attache, contre l’angle interieur du mur d’appui, et, ses pieds bien appuyes maintenant voir la page sur les saillies des branches du lierre, il descendit, guide et soutenu par la corde, et faisant fuir de tous les cotes les merles surpris. . .

A present, le bruit de sa descente se perdait dans le murmure continu des pinedes et des chataigniers. Une fois dans le chene, il y attacha la corde tendue, de peur que le bruit de la pierre retombant dans la cellule n’attirat l’attention de ses ennemis.

Il se jugeait sauve. Du haut de son arbre il jeta son carnier en bas. . . Il ne laissait la-haut que sa bouteille vide. Les gendarmes etaient en train de boire, a meme la gourde, son eau-de-vie et, oubliant toute precaution, ils tenaient de joyeux propos, ravis de leur capture, a mille lieues de prevoir leur deconvenue.

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