Precede par le capitaine, le cavalier traversa plusieurs pieces qui malgre l’heure matinale de la journee

Une grande agitation regnait dans les groupes ou se trouvaient confondus des militaires, des membres du clerge et des representants du haut commerce; on parlait avec une certaine vivacite, bien qu’a voix basse; l’expression generale des physionomies etait sombre et soucieuse. Les deux hommes atteignirent enfin la porte d’un cabinet garde par deux sentinelles; un huissier, la chaine d’argent au cou, marchait lentement de long en large; a la vue des deux hommes, il s’approcha vivement d’eux. –Vous etes arrive, senor, dit le capitaine. –Il ne me reste plus qu’a prendre conge de vous, senor, et a vous adresser mes remerciments pour votre obligeance, repondit le cavalier. Ils se saluerent et le capitaine retourna a son poste.

–Son Excellence ne peut recevoir en ce moment. Il y a eu cette nuit conseil extraordinaire; son Excellence a donne l’ordre qu’on le laisse seul, dit l’huissier, en saluant sechement l’inconnu. –Son Excellence fera une exception en ma faveur, repondit doucement le cavalier. –J’en doute, senor; l’ordre est general, je n’oserais pas me hasarder a y manquer. L’etranger parut reflechir un instant. L’huissier attendait, etonne sans doute que l’inconnu perseverat a demeurer la. Celui releva enfin la tete: –Je comprends, senor, dit-il, tout ce que l’ordre que vous avez recu a de sacre pour vous, je n’ai donc pas l’intention de vous engager a y desobeir, cependant, comme le sujet qui m’amene est de la plus haute gravite, laissez-moi vous prier de me rendre un service. –Je ferai, senor, pour vous obliger tout ce qui sera compatible avec les devoirs de ma charge. –Je vous remercie, senor; d’ailleurs, je vous certifie, et bientot vous aurez la preuve de ce que j’avance, que, loin de vous reprimander, son excellence le president vous saura bon gre de m’avoir laisse penetrer jusqu’a lui. –J’ai eu l’honneur de vous faire observer, senor. .

. –Laissez-moi vous expliquer ce que je desire de vous, interrompit vivement l’etranger, puis vous me direz si vous pouvez ou non me rendre le service que je vous demande. –C’est juste, parlez, senor. –Je vais ecrire un mot sur une feuille de papier, ce papier, sans prononcer un mot, vous le placerez sous les yeux du president; si son Excellence ne vous dit rien, je me retirerai, vous voyez que ce n’est pas difficile et que vous ne transgressez en aucune facon les ordres que vous avez recus. –C’est vrai, repondit l’huissier avec un lin sourire, mais je les tourne. –Y voyez-vous quelque difficulte? –Il est donc bien necessaire que vous voyiez son Excellence le president ce matin? reprit l’huissier, sans repondre a la question qui lui etait adressee. –Senor don Livio, repondit l’etranger d’une voix grave, car bien que vous ne me connaissiez pas je vous connais moi, je sais quel est votre devouement au general Miramon, eh bien, sur mon honneur et ma foi de chretien, je vous jure qu’il y a pour lui la plus grande urgence a ce que je le voie sans site de l’entreprise delai. –Cela suffit, senor, repondit serieusement l’huissier, si cela ne depend que de moi dans un instant vous serez pres de lui; voici sur cette table, papier, plumes et encre, ecrivez.

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