Pour l’instant, il avait, la, contre sa poitrine, une belle fille de dix-huit ans, toute oppressee

–Deux coquins sont dans les bois. .

.

Ils ont paru devant moi tout en un coup et m’ont poursuivie. –Bon! dit Maurin, ca doit etre les deux qui restent de ces trois echappes de galeres auxquels j’ai deja donne la chasse. Et je vois bien que ce n’est pas Sandri qui les attrapera. Ce sera moi. .

. je vais me mettre a leurs derrieres!. . . –Gardez-vous-en! cria la Corsoise; ils sont deux! et pendant que vous en suivrez un, l’autre n’aurait qu’a venir par ici. . . je serais fraiche! pauvre moi! –Alors, dit Maurin, viens avec moi.

Je les rattrape. . . et a nous deux nous les muselons (il tutoyait vite toutes les filles) et je les offrirai a ton gendarme, veux-tu? Ce serait un cadeau bienvenu pour lui,–que peut-etre on lui donnerait le galon! –Laissons ces diables dans les bois. . . Il faut que j’aille faire au plus vite le dejeuner de mon pere, dit Tonia. Venez a ma maison, monsieur Maurin, et je vous ferai gouter d’une eau-de-vie ancienne dont vous me direz des nouvelles. Maurin hesitait. Il regrettait la chasse aux bandits. –ca serait pourtant fameux, dit-il, de mettre au carnier, ce matin, un si gros gibier! –Il n’est pas de celui qui s’envole, dit Tonia. Ces gueux se retrouveront. . . Ne me laissez pas seule. Maurin avait double regret. . . Si Tonia l’avait suivi dans les bois. . . assez loin de la route. . . qui sait?. . . il y a des tapis de bruyere au fond des vallees. .

. Il se mit a rire, montrant ses belles dents blanches: –Tonia! dit-il, c’est dommage. . . si tu avais consenti a suivre avec moi dans la montagne les deux vilains renards qui t’ont fait si peur, je les aurais peut-etre laisses pour une autre fois, mais je ne peux m’empecher de penser que peut-etre j’aurais plume et mange la poulette!. . . car tu sais la chanson, n’est-ce pas? _Moun bon moussu, quand on la ten, foou pluma la gallina. . .

_ Tonia devint rouge comme une crete de coq. –Vous etes un homme honnete, Maurin, et je me suis de moi-meme confiee a vous. Mon fiance, vous le connaissez.

Vous ne l’aimez pas, c’est vrai, mais vous savez qu’il est, lui aussi, un honnete homme. Ramenez-moi a ma maison. .

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et mon pere vous dira un fier _gramaci_, vous pouvez y compter. –Ton pere peut-etre, fit Maurin, quoique ce ne soit pas sur. . . mais si ton fiance se trouvait chez toi, ca n’irait pas bien, tu le sais. J’ai sur moi les gendarmes comme les chevaux ont les tavans (les taons)! –Sandri n’est pas aujourd’hui chez moi, surement pas! dit Antonia. –Allons-y donc, ici fit Maurin. . . quoique je ne me console pas de ne point poursuivre les galeriens. . . –En entendant ton cri, ils ont eu une peur de lievres. . . et ils ont tourne les talons au plus vite, bien qu’ils eussent des armes.

. .

Tiens, regarde-les la-haut, tout la-haut, qu’ils filent au diable! En effet, sur l’arete d’une colline, Maurin apercut deux petites silhouettes perdues qui se hataient entre les rochers. La belle fille et son compagnon furent vite arrives pres de la maison forestiere. Maurin en route n’avait plus rien dit.

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