–parfait, dominique passera pour lui, et s’il veut, il baragouinera l’espagnol; comment se nomme cet ami

–Fort bien, Dominique se nommera Charles de Meriadec; pendant qu’il sera a l’hacienda je mettrai ordre a ce que celui dont il prend provisoirement le nom ne vienne pas le deranger. –Hum! Ceci est important. –Ne craignez rien, j’arrangerai cela; ainsi voila qui est convenu, demain matin monsieur Charles de Meriadec arrivera a l’hacienda.

–Il y sera le bien recu, repondit en souriant Ludovic. –Quant a vous, Leo Carral, je n’ai rien a vous recommander.

–Non, non, mes mesures sont ici prises depuis longtemps deja, repondit le mayordomo, je n’ai plus qu’a m’entendre avec ces messieurs. –Voila qui va bien, maintenant separons-nous; je devrais etre loin. –Vous nous quittez deja, mon ami? dit dona Dolores avec emotion.

–Il le faut, mon enfant, bon courage, ayez confiance en Dieu! Pendant mon absence il veillera sur vous, allons, adieu! L’aventurier serra une derniere fois la main du comte, baisa au front la jeune fille et se mit en selle. –A bientot, lui cria dona Dolores. –Demain vous verrez, votre ami Meriadec dit en riant Dominique, et il partit au galop a la suite de l’aventurier.

–Revenez-vous avec nous a l’hacienda? demanda le comte au mayordomo. –Pourquoi non? repondit-il; je suis cense vous avoir rencontre pendant votre promenade.

–C’est juste.

Ils remonterent a cheval et reprirent au grand trot le chemin de l’hacienda ou ils arriverent un peu avant le coucher du soleil. XII UN PEU DE POLITIQUE On avait atteint les derniers mois de 18. . . Les evenements politiques commencaient a se presser avec une rapidite telle que les esprits les moins eclaires comprenaient deja qu’ils se precipitaient vers une catastrophe imminente. Dans le sud, les troupes du general Gutierrez avaient remporte une grande victoire sur l’armee constitutionnelle commandee par le general don Diego Alvarez (le meme qui a une autre epoque avait preside a Guaymas le conseil de guerre qui avait condamne a mort notre infortune compatriote et ami le comte Gaston de Raousset-Boulbon). Le carnage des Indiens _Pintos_ avait ete immense; douze cents etaient restes sur le champ de bataille, l’artillerie, un nombreux armement etaient devenu la proie du vainqueur. Mais a la meme epoque, avait commence dans l’interieur une serie d’evenements opposes; le premier avait ete la fuite de Zuloaga, ce president qui, apres avoir abdique en faveur de Miramon, l’avait revoque un jour sans trop savoir pourquoi, sans consulter personne et au moment ou on s’y attendait le moins. Le general Miramon avait alors offert loyalement au president de la Cour supreme de justice de prendre le pouvoir executif et de convoquer l’assemblee des notables pour lui faire elire le premier magistrat de la republique. Sur ces entrefaites, une nouvelle catastrophe etait venue ajouter de nouveaux dangers a la situation. Miramon, a qui ses continuels triomphes avaient peut-etre donne une imprudente confiance, pousse plus probablement par le desir d’en finir enfin d’une maniere ou d’une autre, avait presente, a Silao, la bataille a des forces quadruples des siennes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *