–oh! ce serait affreux qu’il leur fut arrive malheur

–Que deviendrions-nous seules et sans protection dans cette maison? Ou sans leurs secours drive master deja nous aurions ete assassinees. –D’autant plus que nous ne pouvons compter sur don Jaime, qui toujours est absent. Les deux jeunes filles pousserent un soupir, se regarderent un instant en silence, puis tomberent dans les bras l’une de l’autre en fondant en larmes. Elles s’etaient comprises. Ce n’etaient pas pour elles qu’elles craignaient.

–Tu l’aimes donc? demanda enfin dona Dolores d’une voix base et entrecoupee a l’oreille de son amie.

–Oh! Oui, repondit-elle doucement, et toi? –Moi, aussi. L’aveu etait fait, elles s’entendaient maintenant et n’avaient plus rien a se cacher. –Depuis quand l’aimes-tu? reprit dona Carmen. –Je ne sais pas, il me semble que je l’ai aime toujours. –C’est comme moi. Rien n’est aussi doux et aussi pur qu’un naif amour de jeune fille. C’est l’ame a peine eveillee aux sensations humaines, qui cherche ses belles ailes d’ange pour s’envoler vers les regions inconnues de l’ideal. –Et lui, t’aime-t-il? demanda doucement Carmen. –Puisque je l’aime. –C’est vrai, fit-elle convaincue.

L’amour a cela d’adorable en soi, qu’il est essentiellement illogique, sans cela ce ne serait pas l’amour.

Soudain les deux jeunes filles se redresserent en portant la main a leur coeur. –Le voila, dit Dolores. –Il vient, fit Carmen. Comment le savaient-elles? Le plus profond silence regnait au dehors. Abandonnant alors la salle a manger, elles s’envolerent au jardin comme deux colombes effarouchees. Presqu’aussitot on heurta a la porte. Le vieux domestique reconnut sans doute qui frappait ainsi, car il se hata d’ouvrir. Le comte et son ami entrerent. –Ces dames? demanda le comte. –A la huerta, Excellence, repondit le domestique eu refermant la porte derriere eux.

Les dames etaient assises dans un bosquet, dona Maria brodait, les jeunes filles lisaient fort attentivement en apparence, si attentivement, meme, que bien qu’elles fussent subitement devenues rouges, elles n’entendirent pas crier les pas des visiteurs sur le sable des allees, et furent fort surprises en les apercevant. Ceux-ci se decouvrirent en entrant sous le bosquet et saluerent respectueusement les dames.

–Vous voici donc enfin, messieurs, dit en souriant dona Maria; savez-vous que vous nous avez fort inquietees? –Oh! fit dona Carmen en avancant les levres. –Pas beaucoup, murmura dona Dolores, ces messieurs ont sans doute trouve autre part une occasion de se divertir, et ils en ont profite. Le comte et Dominique regarderent les jeunes filles avec surprise, ils ne comprenaient pas. –Voyons, voyons, petites folles, dit doucement dona Maria, ne tourmentez pas ainsi ces pauvres jeunes gens, vous les rendez tout confus, il est probable que s’ils ne sont pas venus plus tot c’est que cela leur a ete impossible.

–Oh! Ces messieurs sont parfaitement libres de venir lorsque cela leur plait, dit dedaigneusement dona Dolores. –Nous nous garderons bien de les chicaner pour si peu, ajouta Carmen sur le meme ton.

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