–non, sur mon honneur, don adolfo, s’ecria le comte avec energie, il n’en sera pas ainsi,

–Vous allez trop loin, mon cher comte, s’ecria vivement l’aventurier, jamais je n’ai eu de telles idees; loin de la, seulement, je vous le repete, je tremble a la pensee de vous meler a cette affaire qui ne vous regarde pas. –Pardonnez-moi, mon ami, de l’instant ou elle vous interesse, elle nous regarde, et nous avons le droit de nous y meler. L’aventurier baissa la tete et recommenca a marcher avec agitation dans la salle.

–Eh bien, soit, dit-il au bout d’un instant, puisque vous l’exigez, mes amis, nous agirons de concert, vous m’aiderez dans ce que j’ai entrepris, j’ai l’espoir que nous reussirons. –Moi, j’en ai la conviction, dit le comte. –Partons alors, dit Dominique en se levant de table. –Pas encore, mais le moment est proche; je vous jure que vous n’aurez pas longtemps a attendre; maintenant une derniere sante et adieu. –Ah! J’oubliais: au cas ou je ne pourrais pas venir moi-meme voici le mot de ralliement; _un et deux font trois_. C’est bien simple, vous vous en souviendrez, n’est-ce pas? –Parfaitement. –Alors, adieu! Cinq minutes plus tard, il avait quitte la maison. XXVI HEURES DE SOLEIL La petite maison du faubourg dans laquelle dona Dolores avait trouve un si sur abri, entre dona Maria et dona Carmen, bien que simple et comparativement tres peu importante, etait une delicieuse habitation, meublee fort simplement; mais avec un gout parfait. Par derriere, chose rare a Mexico, s’etendait une huerta mignonne, mais bien dessinee, garnie de taillis touffus, pleins d’ombrages et de fraicheur, qui offraient de charmantes retraites contre les ardeurs du soleil a l’heure torride de midi. C’etait au fond de ces bosquets odorants que les deux jeunes filles se venaient cacher pour caqueter et gazouiller en liberte, drive-master.com repondant par les doux eclats de leurs rires cristallins aux chants joyeux des oiseaux. Trois personnes avaient seules entree dans cette maison; ces trois personnes etaient l’aventurier, le comte et Dominique. L’aventurier, sans cesse absorbe par ses mysterieuses occupations, n’y faisait que de rares et courtes apparitions. Il n’en etait pas de meme des jeunes gens. Pendant les premiers jours, ils s’etaient strictement conformes aux recommandations de leur ami, et n’avaient fait que des visites courtes, et pour ainsi dire furtives; mais peu a peu entraines par le charme invisible gui les attirait a leur insu, les visites s’etaient multipliees, etaient devenues plus longues et, inventant toutes sortes de pretextes, ils en etaient arrives a passer leurs journees presque tout entieres aupres des dames. Un jour, tandis que les habitants de la petite maison, retires au fond de leur jardin, causaient gaiement entre eux, un tumulte affreux se fit entendre au dehors. Le vieux domestique accourut tout effares prevenir sa maitresse qu’une bande de bandits, rassembles devant la maison, exigeaient qu’on leur en ouvrit la porte, menacant de la briser si on ne voulait pas y consentir. Le comte rassura dona Maria, lui dit de ne rien craindre, et apres l’avoir engagee a ne pas sortir du jardin, ainsi que les jeunes filles, lui et Dominique s’avancerent vers la porte de la maison.

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