–ne pouvais-tu le dire tout de suite? lorsque don jaime etait agite soit par la joie

Don Jaime fit encore quelques pas d’un air preoccupe dans la chambre. –Puis-je partir? hasarda Loick. –Il y a dix minutes que tu devrais etre parti, repondit-il brusquement. Le ranchero ne se fit pas repeter cette injonction.

Il salua et se retira. Don Jaime demeura seul, mais au bout d’un instant la porte s’ouvrit et les deux dames rentrerent. Leur visage etait inquiet, elles s’approcherent timidement de l’aventurier. –Vous avez recu de mauvaises nouvelles, don Jaime? demanda dona Maria. –Helas oui! Ma soeur, repondit-il, de fort mauvaises meme. –Pouvez-vous nous les faire connaitre? –Je n’ai aucune raison pour vous en faire un secret, d’ailleurs elles regardent des personnes que vous aimez. –Ciel! fit dona Carmen en joignant les mains, Dolores peut-etre? –Dolores, oui mon enfant, repondit don Jaime, Dolores votre amie; l’hacienda del Arenal a ete surprise et incendiee par les Juaristes. –Oh! Mon Dieu! s’ecrierent les deux dames avec douleur, pauvre Dolores! Et don Andres? –Don Andres est grievement blesse.

–Dieu soit loue qu’il ne soit pas mort. –Il n’en vaut guere mieux. –Ou sont-ils en ce moment? –Refugies a Puebla ou ils sont arrives sous l’escorte de quelques-uns de leurs peones commandes par Leo Carral. –Oh! C’est un serviteur devoue. –Oui, mais je doute que s’il avait ete seul, il fut parvenu a sauver ses maitres, heureusement don Andres avait a l’hacienda deux gentilshommes francais, le comte de la Saulay. . . –Celui qui doit epouser Dolores? dit vivement dona Carmen. –En effet, et le baron Charles de Meriadec, attache a l’ambassade francaise; il parait que ces deux braves jeunes gens ont fait des prodiges de valeur; que c’est grace a leur bravoure que nos amis ont echappe au sort horrible qui les menacait. –Dieu les benisse! s’ecria dona Maria, je ne les connais pas, mais deja je m’interesse a eux comme a de vieux amis. –Vous ne tarderez pas a connaitre au moins l’un d’eux. –Ah! fit curieusement la jeune fille. –Oui, j’attends ici d’un voir la page moment a l’autre le baron de Meriadec. –Nous le recevrons du mieux qu’il nous sera possible. –Je vous en prie. –Mais Dolores ne peut demeurer a Puebla.

–C’est mon avis; je compte me rendre aupres d’elle. –Pourquoi ne viendrait-elle pas pres de nous? fit dona Carmen; elle serait en surete ici; les soins ne manqueraient pas a son pere. –Ce que vous dites, Carmen, est fort judicieux; peut-etre vaudrait-il mieux qu’elle demeurat quelque temps avec vous, j’y songerai; avant tout, il faut que je voie don Andres, que je m’assure de l’etat dans lequel il se trouve, et s’il peut etre transporte. –Mon frere, dit dona Maria, je remarque que vous nous avez parle de Dolores et de son pere, mais que vous ne nous avez pas dit un mot de don Melchior. Le visage de don Jaime se rembrunit subitement a cette parole, ses traits se contracterent. –Lui serait-il arrive malheur? s’ecria dona Maria. –Plut au ciel qu’il en fut ainsi! repondit-il avec une tristesse melee de colere, ne parlez jamais de cet homme, c’est un monstre.

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