–monsieur le prefet, dit-il, les dracenois ont connu un chasseur, qui etait chef de division en

Dol fut poete; je vous donnerai son oeuvre posthume, oeuvre d’un vrai et subtil lettre, et qui fut publiee par les soins de ses amis. Vous y trouverez un poeme sur la chasse aux merles et meme sur la chasse aux perdrix. . .

C’est tout ce que je sais sur le gibier dans le departement du Var. .

.

Interrogez-moi sur la chartreuse de la Verne. . . sur la date probable de la fondation de Bormes, 300 ans avant Jesus Christ. .

.

mais. . . –On dit qu’il y a beaucoup de sangliers, dans votre massif des Maures? interrompit M. Desorty. –Monsieur le prefet, appelez votre jardinier. Les deux celebres chasseurs de Saint-Raphael, les freres Pons, sont ses propres neveux. Les freres Pons sont les emules de Prime, le heros de Collobrieres, et de Maurin des Maures, leur maitre a tous. « Leur oncle, maitre Pons, vous dira, etant chasseur lui-meme, tout ce que vous desirez savoir. « Nous avons seance aujourd’hui a l’Academie et je suis force de vous quitter; croyez-moi, appelez maitre Pons.  » Maitre Pons fut appele. Le prefet apprit par lui que le sanglier ne manque pas dans les Maures, qu’il y est meme pour les agriculteurs un voisin nuisible. M. Desorty, trop Parisien pour croire au gibier du Midi, etait persuade que, dans le Var, les chapeliers sont vite enrichis par la chasse a la casquette. Il le dit a maitre Pons et tomba des nues quand le vieux jardinier lui apprit que les prefets ordonnaient de temps en temps des battues sur les domaines de l’Etat, dans les Maures ou dans l’Esterel, et qu’on chargeait des braconniers du pays, celebres pour leur habilete a debusquer l’animal, d’organiser ces grandes chasses. –Des braconniers! se recria le prefet. –On appelle braconniers chez nous, dit maitre Pons, les chasseurs pour de bon, ceux qui rencontrent du gibier, ceux qui en font sortir de terre, et qui en tuent, et non pas ceux qui chassent en fraude. Le nom de braconnier est ici un titre honorifique. « Si vous voulez, termina-t-il, une battue dans l’Esterel, prenez les freres Pons, mes neveux.

Si vous voulez une battue dans les Maures, adressez-vous a Maurin, qui est le Roi des Maures. Du reste, lui et mes neveux sont tres bons amis, et s’ils veulent s’associer tous trois, les choses n’iront que mieux. –Et ou trouver ces compagnons? –Je me charge de mes neveux, monsieur le prefet. Ce sont d’honnetes tailleurs de pierre qui, partis tous les matins deux heures avant le jour, sont rentres tous les soirs dans leur maison de Saint-Raphael une heure apres le soleil couche. L’aine a meme un genie de sculpteur, mais il ne l’a pas cultive. –Et en quel temps taillent-ils la pierre? interrogea le prefet. –Ils ne la taillent plus depuis qu’ils se sont apercus que la chasse leur est plus lucrative que leur metier. Le prefet regarda maitre Pons d’une certaine maniere. A ce regard qu’il comprit fort bien, maitre Pons repliqua: –Je dois vous dire, monsieur le prefet, le site que nous rions dans notre barbe quand les Parisiens se refusent a croire a l’existence de notre gibier.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *