–mon cousin! –dolores, vous ne m’aimez pas, votre coeur s’est donne a un autre, un mariage

Ce titre precieux d’ami que vous m’avez donne je le justifierai, en renversant les obstacles, qui peut etre s’opposent a l’accomplissement de vos plus chers desirs.

–Ah! s’ecria-t-elle, les yeux baignes de larmes en pressant la main qui tenait la sienne, pourquoi n’est-ce pas vous que j’aime, vous si digne d’inspirer de tendres sentiments? –Le coeur a de ces anomalies, ma cousine; qui sait, peut-etre vaut-il mieux qu’il en soit ainsi; maintenant; sechez vos larmes, ma querida Dolores! Ne voyez plus en moi qu’un ami devoue, un confident sur auquel si je ne les connaissais deja, vous pourriez sans crainte confier tous vos charmants secrets d’amour.

–Eh quoi! fit-elle en le regardant avec surprise, voir la page vous sauriez. .

. ? –Je sais tout, ma cousine, rassurez-vous donc; d’ailleurs, lui n’a pas ete aussi discret que vous: il m’a tout avoue. –Il m’aime! s’ecria-t-elle, en se levant toute droite; il serait possible? En ce moment un bruit de pas precipites se fit entendre au dehors. –Lui-meme va vous le dire, reprit le comte. Au meme instant, Dominique entra dans le bosquet. –Ah! fit-elle en retombant tremblante sur le banc qu’elle avait quitte. –Mon Dieu! s’ecria Dominique en palissant, que se passe-t-il donc? –Rien qui doive vous effrayer, mon ami, repondit en souriant le comte; dona Dolores vous permet de lui adresser ses hommages. –Il serait vrai! s’ecria-t-il en s’elancant vers elle et tombant a ses genoux.

–Oh! Mon cousin, fit la jeune fille d’un ton de doux reproche, pourquoi avoir ainsi abuse d’un secret? –Que vous ne m’aviez pas confie, mais que j’ai devine, repondit-il. –Traitre! dit la jeune fille en se levant subitement et en menacant son cousin du doigt, si vous avez devine mon secret, j’ai surpris le votre. Et elle disparut, s’envolant legere comme un oiseau, et laissant les deux hommes face-a-face.

Dominique, etonne de cette fuite imprevue qu’il ne savait a quel motif attribuer, fit un mouvement pour s’elancer a sa poursuite, mais le comte l’arreta. –Demeure, lui dit-il; le coeur des jeunes filles a des mysteres qui ne doivent pas etre devoiles. Que veux-tu de plus, maintenant que tu es sur de son amour? –Oh! Mon ami, s’ecria-t-il en se jetant dans ses bras, je suis le plus heureux des hommes. –Egoiste, lui dit doucement le comte, qui ne songe qu’a lui lorsque mon ame souffre peut-etre sans espoir! Dona Dolores n’avait fui aussi vite le bosquet que pour retablir un peu d’ordre dans ses pensees, et se remettre de la trop forte emotion qu’elle venait d’eprouver. Comme elle allait entrer dans la maison, Carmen en sortit. Dolores se jeta dans ses bras en fondant en larmes.

La jeune fille, effrayee de l’etat dans lequel elle voyait son amie, la conduisit doucement jusqu’a sa chambre, ou celle-ci se laissa mener machinalement sans opposer la plus legere resistance. Dona Dolores demeura longtemps avant de pouvoir raconter a son amie ce qui s’etait passe dans le bosquet, et comment l’arrivee imprevue de Dominique l’avait pour ainsi dire obligee a laisser echapper l’aveu de son amour.

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