–messieurs, dit alors don jaime d’une voix triste, en s’adressant aux assistants terrifies du denouement etrange

Tous s’agenouillerent, Dominique seul demeura debout, sombre et les yeux ardemment fixes sur le cadavre.

–Dominique, lui dit doucement son oncle, ta haine pour lui vit-elle donc au-dela du tombeau? –Oui! s’ecria-t-il d’une voix terrible, oui, maudit soit-il dans l’eternite! Les assistants se releverent avec epouvante, ce foudroyant anatheme avait glace la priere sur leurs levres.

XXXIX ePILOGUE LA HACHE Cependant les evenements politiques marchaient avec une rapidite fatale. La deputation envoyee au general Ortega, etait de retour a Mexico, elle n’avait obtenu aucune capitulation. La situation devenait excessivement critique; dans cette circonstance le general Miramon fit preuve d’une abnegation extreme: ne voulant pas compromettre davantage la ville de Mexico, il resolut de l’abandonner la nuit meme.

Il se rendit alors a l’ayuntamiento, auquel il proposa de nommer un President ou alcade provisoire, qui, par ses relations anterieures avec le parti triomphant, fut en etat de sauver la voir la page ville et d’y maintenir le bon ordre. L’ayuntamiento s’adressa en corps, au general BerriozAbal, qui accepta genereusement cette difficile mission. Son premier soin fut de prier les ministres etrangers, d’armer leurs nationaux, afin de remplacer la police desorganisee et de veiller au salut general. Pendant ce temps, Miramon preparait tout pour son depart.

Ne pouvant emmener sa femme et ses enfants avec lui, dans une fuite dont les peripeties pouvaient etre sanglantes, il se resolut a les confier a l’ambassade d’Espagne, ou on les recut avec tous les egards auxquels leur situation malheureuse leur donnait droit. S’il l’avait voulu, Miramon aurait pu s’eloigner sans avoir de violence a redouter de la part des partisans de JuArez. Naturellement sympathique, si on le regardait comme un adversaire politique, personne ne le haissait comme ennemi personnel. Des propositions de se sauver seul lui avaient meme ete faites a plusieurs reprises, mais avec cette delicatesse chevaleresque qui est un des beaux cotes de son caractere, il avait refuse, car il ne voulait pas au dernier moment abandonner a la haine implacable de leurs ennemis certaines personnes qui avaient combattu pour lui et s’etaient compromises pour sa cause. Certes, ce sentiment etait honorable, et ses adversaires eux-memes, furent contraints d’admirer cette conduite genereuse. Don Jaime de Bivar avait passe une partie de la journee aupres du general, le consolant de son mieux et l’aidant a rallier autour de lui, les troncons epars, nous ne dirons pas de son armee, elle n’existait plus de fait, mais des divers corps qui flottaient encore indecis sur le parti qu’il leur convenait de servir.

Le comte de la Saulay et le duc de Tobar, car nous rendrons a Dominique le nom qui lui appartient, apres avoir tenu compagnie aux dames pendant toute la soiree, et avoir cause avec elles des evenements etranges du jour precedent, avaient enfin pris conge, assez inquiets de la longue absence de don Jaime, a cause de la confusion qui regnait en ce moment dans la ville; ils venaient de rentrer dans leur demeure et se preparaient a se livrer au repos, lorsque Raimbaut, le domestique du comte, leur annonca Lopez.

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