–merci, tu es donc resolu a m’obeir en tout? –sans hesiter, je vous le jure

–Voila ce dont je voulais etre certain, maintenant, ecoute-moi a ton tour; cet homme que tu as si betement, passe-moi le mot, si betement dis-je, secouru, t’a menti du premier au dernier mot qu’il t’a dit. L’histoire qu’il t’a faite n’est qu’un tissu d’impostures: il n’est pas vrai qu’il soit arrive depuis quelques jours seulement a la Veracruz, il n’est pas vrai qu’il se rende a Mexico, il n’est pas vrai enfin qu’il ait ete attaque et depouille par des inconnus.

Cet homme, je le connais, il est au Mexique depuis pres de huit mois, il habite Puebla, il a ete condamne a mort par des hommes qui avaient le droit de le juger et qu’il connait parfaitement; il n’a pas ete attaque a l’improviste, on lui a mis une epee dans la main, et on lui a laisse la faculte de se defendre, faculte dont il a profite, il est tombe drive-master.com dans un combat loyal; enfin, il n’a pas ete depouille parce qu’il n’avait pas affaire a des voleurs de grand chemin, mais a d’honnetes gens. –Oh! Oh! fit le jeune homme, ceci change la question. –Maintenant, reponds a ceci: t’es-tu engage vis-a-vis de lui? –Qu’entendez-vous par la? –Cet homme, lorsqu’il a repris connaissance et que la parole lui est revenue, a implore ta protection, n’est-ce pas? –C’est vrai, maitre Olivier. –Bon, et que lui as-tu repondu, toi? –Dam, vous comprenez, qu’il m’etait assez difficile d’abandonner ce pauvre diable dans l’etat ou il etait, apres surtout ce que j’avais fait pour lui. –Bien, bien, alors? –Alors, dam, je lui ai promis de le sauver.

–C’est-a-dire de le guerir? –C’est ainsi que je l’entends. –Pas autre chose? –Pour cela, non. –Et lui as-tu promis seulement? –Non je lui ai donne ma parole. L’aventurier fit un geste d’impatience.

–Mais en supposant qu’il guerisse, reprit-il, ce qui entre nous me semble douteux, des qu’il sera en bonne sante te considereras-tu comme completement degage envers lui? –Oh! Pour cela oui, maitre Olivier, completement. –Allons, il n’y a que demi-mal alors. –Vous savez que je ne vous comprends pas du tout? –Sois donc satisfait, Dominique; apprends que tu n’as pas eu la main heureuse pour ta bonne action.

–Parce que? –Parce que l’homme que tu as secouru et auquel tu as prodigue des soins si devoues, est ton ennemi mortel. –Mon ennemi mortel, cet homme? s’ecria-t-il avec un etonnement mele de doute; mais je ne le connais pas plus qu’il ne me connait.

–Tu le supposes, mon pauvre ami, mais sois convaincu que je ne me trompe pas et que je te dis la verite.

–C’est etrange. –Oui, fort etrange, en effet, mais cela est ainsi, cet homme est meme ton ennemi le plus dangereux.

–Que faire? –Me laisser agir; je m’etais rendu ce matin au rancho dans l’intention de t’annoncer qu’un de tes ennemis, le plus redoutable de tous, etait mort; tu as pris soin de me faire mentir. Apres tout, peut-etre cela vaut-il mieux ainsi: ce que Dieu fait est bien, ses voies nous sont inconnues, nous devons nous courber devant la manifestation de sa volonte.

–Ainsi votre intention est.

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