–merci, dit belle-rose, en serrant la main du comte; ainsi, vous nous engagez a etre sur

Quand M. de Charny n’aboie pas, c’est qu’il s’apprete a mordre. La Deroute fut voir la page averti. –Bon! dit-il, j’ai encore de la poudre et du plomb. Et il se mit a charger ses mousquets et ses pistolets.

L’eveque de Mantes arriva le lendemain. L’autel etait pare de fleurs. Claudine, rouge comme une fraise, s’agenouilla pres de Cornelius, non loin de Belle-Rose et de Suzanne.

Genevieve etait assise dans le choeur avec les autres temoins, qui etaient M. de Pomereux, la Deroute et Grippard. L’abbesse avait revetu les insignes de sa dignite religieuse et releve son voile. Elle etait belle d’une beaute chretienne, et durant toute la ceremonie, elle garda un maintien plein de calme et de dignite.

Forte de son sacrifice, elle ne laissa rien voir des blessures dont son coeur saignait. Cornelius, qui avait tout devine, l’admirait et la plaignait. La Deroute, qui se doutait bien de quelque chose dont il n’avait jamais parle, baisa sans qu’on s’en apercut le bout du voile de l’abbesse. –Vrai Dieu! dit-il tout bas, c’est un coeur de soldat! Quand la ceremonie fut terminee, l’abbesse signa la premiere sur le registre de la paroisse. Suzanne se jeta dans ses bras. –Je vous dois mon bonheur, lui dit-elle, comment vous le rendrai-je jamais? –Aimez-moi, repondit Genevieve, et nous serons quittes.

On avait prepare aux jeunes epoux un logement dans un corps de batiment dependant de l’abbaye, mais separe du logis principal par de vastes jardins. Les soeurs ne depassaient jamais une certaine limite que la superieure avait seule le droit de franchir. Les maries se rendirent dans cette maison, ou ils etaient a la fois libres et en surete. Les appartements etaient propres et gais.

–Vous etes ici chez vous, et vous y demeurerez tant qu’il vous plaira, leur dit Genevieve. Soyez heureux, je me retire. –Ne viendrez-vous pas quelquefois nous visiter dans cette retraite que nous vous devons? lui dit Suzanne en levant sur elle ses grands yeux.

–Oui, reprit Mme de Chateaufort, qui la baisa au front, je reviendrai parfois respirer a l’ombre de votre bonheur. Suzanne la suivit du regard aussi loin qu’elle put la voir, et quand la taille svelte de l’abbesse eut disparu derriere les arbres, elle soupira tout bas et dit: –Si je n’etais pas a lui, mon Dieu, je voudrais qu’il fut a elle! M. de Pomereux allait et venait par la chambre; tout a coup ses yeux s’arreterent sur une boite placee sur un meuble, autour duquel il ravaudait depuis un instant, flairant les bouquets et chiffonnant les dentelles. Il prit la boite, et voyant le nom qui etait sur la suscription, il poussa un leger cri. Suzanne se retourna, et le voyant tout pale, courut a lui. –Qu’avez-vous? dit-elle. –Cette boite que vous avez la, qui vous l’a donnee? repondit-il. –Gabrielle de Mesle, une pauvre fille qui est morte au couvent des dames benedictines. –Gabrielle est morte! s’ecria M. de Pomereux tout en tremblant. –Oui, reprit Suzanne; son dernier soupir a ete ce nom qui est ecrit sur cette boite. –Le chevalier d’Arraines! elle l’aimait donc toujours! –Vous le connaissez? s’ecria Suzanne en saisissant la main de M.

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