Maurin pensait que c’etait bete tout de meme d’avoir tenu, la, tout contre lui, dans la

Mais il avait obei a l’on ne sait quel instinct chevaleresque qui etait inne en lui. D’autre part (de cela il se rendait compte quoique ce fut vaguement,) ces facons-la lui rapportaient souvent de la part des femmes plus de reconnaissance et de benefices qu’a d’autres la hardiesse des entreprises brutales. Il poussa un gros soupir. –Coeur qui soupire, n’a pas ce qu’il desire! s’exclama Tonia, et comme on approchait de la maison rassurante, elle se mit a rire de tout son coeur, a rire comme une folle, audacieusement. Elle riait tant et si fort que sa poitrine tendue battait la generale, sous le fichu a carreaux rouges. Maurin la regarda de travers: –Tu te moques de moi! qu’est-ce qui te fait rire? –C’est la chanson de la galline, dit-elle effrontement. –Ah! petite masque! dit Maurin. Je te rattraperai. –C’est pour plaisanter ce que j’en dis, fit Tonia redevenant serieuse. C’est pour te taquiner un peu, car je sais que tu es un roi de l’amour. Mais, moi, Maurin, je suis une fille sage et je te sais gre de ne pas m’avoir embrassee seulement. Dans mon pays corse, vois-tu, si l’on se connait en vendetta c’est parce qu’on se connait dans la chose contraire qui est, je crois, la reconnaissance. . . Et je n’oublierai jamais ta conduite d’aujourd’hui. Maurin regarda Tonia de ce regard qui faisait tomber les femmes comme les mouches. –Oui, reprit-elle. .

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c’est vrai que tu me plaisais beaucoup, mais aujourd’hui je sais ce que tu vaux et, pour te servir, je saurai le dire quand il faudra. Il la regarda encore, jusqu’au fond des yeux. Elle reprit en baissant la tete: –C’est vrai que si je n’avais pas ete fiancee a un gendarme, j’aurais aime volontiers un bandit comme toi! Elle songeait a ces bandits corses, comme elle en avait eus dans sa famille, qui se refugient et se defendent dans le maquis apres un acte de vengeance violente, assimile, dans l’esprit corse, a un veritable fait de guerre, a une action heroique. Antonia, apres les paroles qu’elle venait de prononcer en drive-master.com l’honneur des bandits en general et de Maurin en particulier, fut embarrassee une seconde.

Elle baissa la tete et ne la releva pas.

Maurin la regardait toujours et il pensa simplement: –Te! encore une! Il se dit, des ce moment, qu’Antonia serait a lui. Quand serait-ce? Quand il plairait a Dieu. Il connaissait ainsi, dans la foret, le gite de certaines betes qu’il attraperait un jour ou l’autre.

. . A quoi bon se presser?. . . Le plaisir peut-etre le plus grand n’est-il pas d’attendre quand on est sur d’atteindre? Tout a coup, de nouveau, au seuil de la maison forestiere, Tonia eclata de rire et, regardant Maurin de cote, chantonna: Mon bon monsieur, quand on la tient, Faut plumer la poulette! Alors Maurin se trouva tout bete, mais si le pere Orsini n’etait pas a la maison, qui sait, il allait pouvoir peut-etre prouver a Tonia qu’elle avait eu tort de rire si haut! Au moment d’entrer dans l’habitation, l’avise Maurin redescendit vivement le perron rustique et courut cacher, sous la garde d’Hercule, son fusil et son carnier dans la cabane de bruyere ou le forestier enfermait ses instruments de jardinage.

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