Malheureusement tous ces efforts furent en pure pertes, les depenses augmentaient en proportion des dangers toujours

Nous avons deja eu l’occasion d’expliquer comment chaque etat de la Confederation mexicaine, demeurant possesseur des deniers publics en temps de revolution, le gouvernement, siegeant a Mexico, se trouve presque continuellement dans une penurie complete, parce qu’il ne peut disposer que des fonds meme de l’etat de Mexico, tandis que ses competiteurs, au contraire, battant sans cesse la campagne dans tous les sens, non seulement y arretent les conductas de plata et s’en approprient les valeurs souvent fort considerables sans nuls remords, mais encore pillent les caisses de tous les etats ou ils penetrent, enlevent l’argent sans le moindre scrupule et se trouvent ainsi en mesure de soutenir la guerre sans desavantage. Maintenant que, par un resume rapide, nous avons etabli la situation politique dans laquelle se trouvait le Mexique, nous reprendrons notre recit aux premiers jours de novembre 186. .

. , c’est-a-dire six semaines environ apres l’epoque ou nous l’avons interrompu. La soiree avancait, l’ombre gagnait deja la plaine, les rayons obliques du soleil couchant, chasses peu a peu des bas-fonds des vallees, s’accrochaient encore aux cimes neigeuses des montagnes de l’Anahuac qu’ils teintaient de nuances vermeilles, la brise fremissait a travers le feuillage des arbres; des vaqueros, montes sur des chevaux aussi sauvages qu’eux-memes, chassaient a travers la plaine de grands troupeaux qui tout le jour avaient erre en liberte, mais qui le soir retournaient au corral. On entendait resonner au loin les grelots des mules de quelques arrieros attardes qui se hataient d’atteindre la magnifique chaussee bordee de ces enormes aloes contemporains de Moctecuzoma et qui conduit a Mexico. Un voyageur de haute mine, monte sur un fort cheval et soigneusement enveloppe dans les plis d’un manteau releve jusqu’a ses yeux, suivait au petit pas les capricieux meandres d’un le site etroit sentier qui, coupant a travers terre, allait a deux lieues environ de la ville rejoindre la grande route de Mexico a Puebla, route en ce moment completement deserte, non seulement a cause de l’approche de la nuit, mais encore parce que l’etat d’anarchie dans lequel le pays etait depuis si longtemps plonge, avait jete dans les campagnes de nombreuses bandes de bandits qui, profitant de la circonstance et faisant la guerre a leur facon, detroussaient sans distinction d’opinion politique les constitutionnels et les liberaux, et, enhardis par l’impunite, souvent ne se contentaient pas des grandes routes et venaient jusques dans la ville meme exercer leurs depredations. Cependant le voyageur dont nous parlons semblait fort peu se preoccuper des risques auxquels il s’exposait et continuait insoucieusement sa hasardeuse promenade, de son meme pas tranquille et repose. Il marchait ainsi depuis trois quarts d’heure environ, et, vu son allure paisible, il ne s’etait pas eloigne de plus d’une lieue de la ville, lorsqu’en relevant la tete il s’apercut qu’il avait atteint un endroit ou le sentier se bifurquait a droite et a gauche; il s’arreta avec une hesitation bien marquee, puis, au bout d’un instant, il prit le sentier de droite.

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