–mais laissons ca pour le quart d’heure, dit maurin

. . Voici la chose dont il est pour aujourd’hui question. Et il expliqua son idee de battue. Un quart d’heure apres, les deux gardes de Bormes prevenaient a son de trompe la petite ville que tous les hommes de bonne volonte, decides a arreter trois malfaiteurs dangereux qui erraient dans les bois environnants, eussent a se trouver au cafe du _Progres_, chez Alexandre.

Tout le monde vint. Dans cette commune extraordinaire, tout le monde vient quand le maire appelle. Quand les principaux de la population furent reunis, au cafe, le maire donna la parole a Maurin qui expliqua son projet. –Mais, dit quelqu’un, demain matin ils seront loin, nos trois personnages! Maurin haussa les epaules. –Crouzillat! fit-il. C’etait le chasseur que les voleurs avaient depouille. –Present! dit l’autre. –A quelle heure as-tu ete arrete? –Vers cinq heures. –Ou? –A la _Fontaine de Louise_, dans le Don. Je revenais des _Barraous_. –Et tu etais ici a six heures! Comment es-tu venu si vite? –J’ai rencontre Giraudin qui m’a amene sur son char a bancs. –Quand tu as quitte tes voleurs, qu’ont-ils fait, sur l’instant? –Ils se sont mis a manger comme des gens qui ont faim. –Y avait-il beaucoup de vin dans la bouteille qu’ils t’ont prise? –A peine un verre. Maurin drive-master.com regarda les assistants d’un air de triomphe: –Comprenez-vous? interrogea-t-il. L’assistance d’une seule voix repondit: _non_. –C’est pourtant clair, dit le maire. Ils sont restes, pour diner, pres de la fontaine. –Juste! fit Maurin. Et comme la nuit etait la et que la pluie a commence avant qu’ils aient fini leur repas pres de la fontaine, ces gens, pour sur, se seront caches dedans.

C’est comme un benitier dans une niche d’eglise; ils auront eu juste la place.

–Avec les pieds dans l’eau, dit quelqu’un. –ca vaut mieux encore, dit Maurin, que d’y etre tout entier, dans l’eau;–ou plutot sous une eau qui tombe et vous fouette avec le vent. Mais ils ont pu, s’ils ne sont pas trop betes, se faire une etagere avec des barres de bois qui justement sont empilees pres de la. Enfin, mes amis, comme nous sommes assures qu’il pleuvra jusqu’au jour, nous pouvons nous dire que nos gaillards resteront dans ce trou, comme des lievres au gite. Il faut partir demain avant le jour et garder tous les passages, de ce cote-ci du versant, a Martegasse comme du cote de la route, comme au pas « des Cabanes de Jean de Trans » tout en bas,–et aussi sur le sommet. Les hommes, voyez-vous, ca fait comme les sangliers, ca passe par ou il est possible, pas par ailleurs; et partout ou il y a passage, nous mettrons un chasseur « a l’espere ». C’est dit.

A demain matin.

Un grand murmure succeda au profond silence avec lequel on avait ecoute Maurin. On entendait partout: « De ce Maurin, pas moins!–Comme il vous raisonne!–Pas un gendarme « n’y viendrait! »–Oh! lui, rien ne l’embarrasse. –Brave, Maurin! » et mille autres menus eloges. M. Cigalous choisit une vingtaine de chasseurs parmi lesquels il se compta et il fut convenu que le lendemain, a la pointe du jour, on partirait sous le commandement de Maurin.

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