— mais je vous previens qu’au moindre cri et au moindre effort pour vous degager, je

Le guide vit briller le pale eclair de l’acier a deux pouces de son visage.

Il frissonna. –Et si je parisclick.fr ne voulais pas avancer, reprit-il. –Alors, nous reculerions; mais comme cette nouvelle resolution me prouverait que j’ai quelque besoin de rester en votre compagnie, je vous prierais de vouloir bien reculer avec moi, et n’aurais garde de vous lacher. –Vous etes fou! Avez-vous donc peur d’etre assassine? –Moi, point. Mais j’ai toujours eu pour maxime de faire les choses a deux. A deux on vit plus gaiement; on doit mourir moins tristement aussi. Le guide attacha son regard brillant sur la figure de Belle-Rose, ou se peignait cette resolution ferme et calme qui lui etait particuliere. –Marchons! reprit le guide; et ils continuerent a s’avancer vers la lumiere. Cette lumiere brillait a une fenetre, la seule qui fut ouverte; d’une espece de chaumiere assez vaste, perdue dans l’epaisseur du bois. Le guide frappa a une porte qui s’ouvrit tout de suite. Belle-Rose et lui penetrerent dans un corridor au bout duquel leurs pieds rencontrerent un escalier. La porte se referma, la lumiere disparut, et ils monterent les degres. Au sommet de cet escalier, le guide souleva une portiere, et tous deux se trouverent a l’entree d’une chambre merveilleusement ornee.

Les plis soyeux de riches tentures couvraient les murs; un tapis etouffait le bruit des pas; les meubles etaient incrustes de cuivre et de nacre; sur un sofa de brocatelle, couronne d’un dais, une femme vetue d’une robe de velours cramoisi etait a demi couchee; ses bras nus se noyaient dans des flots de dentelle, et sa main, plus blanche que la fleur du jasmin, agitait mollement un eventail de plumes vertes.

Un masque cachait son visage.

Nul regard n’en pouvait saisir la forme et le contour, et cependant quiconque eut vu cette femme ainsi couchee eut devine qu’elle etait d’une rayonnante beaute. A quelques pas du sofa, on distinguait deux fauteuils; Belle-Rose et son guide s’y placerent sur un signe de la dame au masque noir. Une lampe voilee d’un globe d’albatre jetait ses clartes blanches sur les tentures de soie pourpre; ses rayons pales se brisaient aux angles des meubles polis, sur les ciselures des candelabres, aux mille facettes des cristaux prodigues sur les etageres, et les accidents de la lumiere augmentaient encore la magie de ce lieu qu’embaumaient les aromes repandus par d’invisibles cassolettes. –Vous vous appelez Belle-Rose? demanda la dame au fils du fauconnier, d’une voix vibrante dont elle cherchait a dissimuler le doux eclat. –Oui, madame. –Et vous venez de la part de M. d’Assonville? –Il a du vous en instruire. –Le connaissez-vous depuis longtemps? –Mon pere etait le serviteur du sien.

–Son serviteur! Vous etes donc de ses gens? –Je suis soldat, et M. d’Assonville m’a parfois fait l’honneur de m’appeler son ami.

–Ah! fit la dame avec un accent ou la surprise se melait au dedain. Puis elle reprit: –Ne savez-vous rien des causes qui ont engage M.

d’Assonville a vous envoyer vers moi? –Rien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *