Mais je parie que vous ignorez completement le fin mot de cette aventure

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–Le fin mot de cette aventure! s’exclama le financier qui detestait la contradiction, le fin mot de cette aventure? C’est bien simple: Gimary etait en train de se ruiner, de se couvrir de ridicule; Madame Gimary l’a trouvee mauvaise, et elle a eu raison. –Vous n’y etes pas, monsieur Hanser, repliqua froidement le journaliste. –Assez, cria de nouveau Blanche d’etanges, est-il ennuyeux avec ses piques, ce Hanser.

–Avec mes piques?.

. . bougonna le financier. –Voyons, Gros-Renaud, continua Blanche, je vous ai demande des renseignements sur OEil-Chinois. Est-il vrai qu’elle ait vendu des fleurs au quartier Latin? –Parfaitement. Il y a cinq ou six ans de cela. Et si vous voulez connaitre son portrait a cette epoque, permettez-moi de vous reciter une piece de vers qu’un de mes amis publia jadis en l’honneur de la bouquetiere dans une feuille de chou de la rive gauche. –Moi je n’aime pas les vers, observa Hanser de plus en plus depite. –On ne vous demande pas votre avis, clamerent a la fois ces dames. –Voici les vers, dit Gros-Renaud, en prenant une pose, et il recita: Par les brouillards violets, Qu’il bruine ou bien qu’il neige, Sous sa jupe de barege, Laisse trotter ses mollets– La petite bouquetiere. Des roses blemes dans sa Corbeille, roussette et blanche, S’en va, tanguant de la hanche, Faisant des yeux comme ca– La petite bouquetiere. Et ses reves familiers La montrent deja paree D’une robe mordoree Avec de jolis souliers– La petite bouquetiere. –Pas mal, epilogua Leonie Clauss. –Il y a des mots que je ne comprends pas, avoua naivement Julia Lebreton.

Hanser et de Tretel resterent cois. –Connaissez-vous son vrai nom? car OEil-Chinois ne peut etre qu’un sobriquet, insista Blanche d’etanges. –Notre ami Guy Bouffard la baptisa ainsi a cause de ses yeux qui rappellent les dames des kakemonos.

–Caque, caque. . . quoi? s’esclaffa Julia. –Les kakemonos, ma chere, c’est des articles japonais; c’est des bandes d’etoffes avec de la peinture dessus.

–Peste! Quelle erudition, mademoiselle. –Vous saurez, monsieur Gros-Renaud, que j’ai ete employee dans un magasin de japoneries. . . du temps de mon honnetete. –Je vous vois d’ici parmi les magots, fit le lourd financier qui cherchait a se venger de Leonie. Gros-Renaud continua: –OEil-Chinois s’appelle tout betement Clara Thureaux. Sur son pere, je ne sais rien de precis. Sa mere, une ancienne blanchisseuse, pensa que la fillette, avec sa frimousse bizarre, ses crins roux sur le dos, et son coup de hanche shocking, pourrait rapporter gros en vendant des violettes et des roses le long du Boul’Mich, et dans les brasseries ou des futurs notaires et des dondons a sacoches marivaudent.

Elle avait raison la brave femme. Le succes de la petite Clara fut immense. L’un lui achetait une rose pour lui prendre le menton, l’autre un bouquet de violettes pour lui passer la main dans ses cheveux denoues. Sa conversation etait tres amusante. Elle avait de ces reparties ingenument perverses qui emoustillent.

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