–mais ces gens sont donc des bandits, s’ecria le comte, pour venir de cette facon piller

–Alors, attention! dit le comte, et recevons-les comme ils le meritent. Cependant les coups redoublaient dans le souterrain; bientot une pierre se detacha, puis une autre, puis une troisieme, et une breche assez grande s’ouvrit beante dans le mur. Les guerilleros s’elancerent avec un hurlement de joie qui se changea aussitot en rugissement de rage. Cinq coups de feu confondus en un seul, avaient eclate comme un formidable roulement de tonnerre. La bataille commencait. XVI L’ASSAUT A l’effroyable decharge qui les avait accueillis en semant la mort parmi eux, les guerilleros s’etaient rejetes en arriere avec epouvante, surpris par ceux qu’ils comptaient surprendre, prepares a piller mais non a combattre, leur premiere pensee fut de prendre la fuite, et un desordre indescriptible se mit dans leurs rangs. Les defenseurs de l’hacienda, dont le nombre s’etait considerablement accru, profiterent de cette hesitation pour faire pleuvoir sur eux une grele de balles. Cependant il fallait prendre un parti: ou avancer sous les ici balles, ou renoncer a l’expedition. Le proprietaire de l’hacienda etait riche, les guerilleros le savaient; depuis longtemps deja ils desiraient s’emparer de ces richesses qu’ils convoitaient et qu’a tort ou a raison, ils supposaient cachees dans l’hacienda; il leur en coutait de renoncer a cette expedition preparee de longue main et dont ils se promettaient de si magnifiques resultats. Cependant les balles pleuvaient toujours sur eux sans qu’ils osassent se hasarder a franchir la breche. Leurs chefs, plus interesses qu’eux encore a la reussite de leurs projets firent cesser toute hesitation en s’armant resolument de pics et de marteaux non seulement pour agrandir la breche, mais encore pour eventrer completement le mur, car ils comprenaient que ce n’etait que par une irruption soudaine et irresistible qu’ils parviendraient a renverser l’obstacle que leur opposaient les defenseurs de l’hacienda. Ceux-ci continuaient bravement a tirailler, mais leurs coups etaient perdus pour la plupart, les guerilleros travaillant a l’abri et se gardant bien de se montrer devant la breche. –Ils ont change de tactique, dit le comte a Dominique; ils s’occupent maintenant a renverser le mur, bientot ils reviendront a l’assaut, et, ajouta-t-il en jetant un triste regard autour de lui, nous serons forces, les hommes qui nous accompagnent ne sont pas capables de resister a une attaque vigoureuse. –Tu as raison, ami, la situation est grave, repondit le jeune homme.

–Que faire? repondit le mayordomo. –Ah! Une idee! s’ecria tout a coup Dominique en se frappant le front; vous avez de la poudre ici? –Oui, grace a Dieu, elle ne nous manque pas, mais a quoi bon? –Faites-en apporter un baril le plus tot possible, je reponds du reste. –C’est facile.

–Allez alors. Le mayordomo s’eloigna en courant. –Que veux-tu faire? demanda le comte. –Tu verras, repondit le jeune homme dont le regard etincelait; pardieu, c’est une triomphante idee qui m’est venue-la. Ces bandits s’empareront probablement de l’hacienda, nous sommes trop faibles pour leur resister et ce n’est pour eux qu’une affaire de temps, mais vive Dieu il leur en cuira! –Je ne te comprends pas! –Ah! continua le jeune homme en proie a une exaltation febrile, ah, ils veulent s’ouvrir un large passage, je me charge de leur en faire un, moi, sois tranquille.

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