Mais, apres quelques minutes, comme rien n’avait bouge, qu’aucun bruit ne s’etait fait entendre, il s’etait

Puis, il s’etait approche de la porte et avait applique son oeil a la fente par laquelle il avait pu precedemment voir tout ce qui s’etait passe dans la salle. Les deux hommes venaient de sortir, don Felipe etait seul, toujours assis devant la table et buvant. Le parti de l’aventurier fut pris aussitot: placant la lame de son couteau entre le pene de la serrure et la gache, il avait ouvert la porte sans bruit, s’etait silencieusement approche du guerillero et lui avait revele sa presence de la facon tant soit peu brutale que nous avons rapportee a la fin du chapitre precedent. Le guerillero etait brave, cependant l’apparition soudaine de l’aventurier et la vue des revolvers diriges vers lui l’avaient atterre. Don Jaime profita de cet instant de prostration; sans desarmer ses pistolets, il marcha droit a la porte par laquelle don Melchior et don Antonio s’etaient retires, la ferma solidement en dedans afin d’eviter toute surprise, puis il revint a pas lents vers la table, s’assit sur un escabeau, posa ses pistolets tout armes devant lui, et laissant tomber son manteau. –Causons, dit-il. Bien que ce mot eut ete prononce d’une voix assez douce, cependant l’effet qu’il produisit sur le guerillero fut immense.

–El Rayo! s’ecria-t-il avec un frisson de terreur en apercevant le masque noir qui couvrait le visage de son singulier interlocuteur. –Ah! ce site Ah! fit celui-ci avec un ricanement ironique, vous me reconnaissez, cher seigneur don Felipe. –Que me voulez-vous? balbutia-t-il.

–Plusieurs choses, repondit l’aventurier, mais procedons par ordre, rien ne nous presse. Le guerillero se versa un plein gobelet de refino de Cataluna, le porta a ses levres et le vida d’un seul coup. –Prenez garde, lui fit observer l’aventurier, l’eau-de-vie d’Espagne est forte, elle monte facilement a la tete; mieux vaut, je crois, pour ce qui va se passer entre nous que vous conserviez votre sang-froid. –C’est juste, murmura le guerillero et, saisissant la bouteille par le col, il la lanca contre la muraille ou elle se brisa en eclat. L’aventurier sourit, puis il reprit en tordant nonchalamment une cigarette entre ses doigts: –Je vois que vous avez la memoire bonne, cela me fait plaisir, je craignais que vous ne m’ayez oublie. –Non, non, je me rappelle notre derniere rencontre a Las Cumbres. –C’est cela; vous souvenez-vous comment s’est terminee notre entrevue? Le guerillero devint pale, mais il ne repondit pas.

–Bon, je vois que la memoire vous fait defaut, je vais vous venir en aide.

–C’est inutile, repondit don Felipe, en relevant la tete et semblant prendre definitivement une resolution, comme le hasard m’avait permis d’apercevoir vos traits, vous m’avez dit. .

. –Je sais, je sais, interrompit l’aventurier, eh bien, la promesse que je vous ai faite, je vais la tenir.

–Tant mieux, dit-il resolument; apres tout on ne meurt qu’une fois, autant aujourd’hui qu’un autre jour et a present que plus tard, je suis pret a vous faire face. –Je suis charme de vous voir dans ces dispositions belliqueuses, repondit froidement l’aventurier; refrenez un peu votre ardeur batailleuse, je vous prie, chaque chose aura son temps, soyez tranquille, mais il ne s’agit pas de cela pour le mouvement.

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