–libre a vous de dire qu’elle s’est echappee, maintenant veuillez, je vous prie, faire prevenir dona

La superieure laissa don Diego dans sa cellule et alla elle-meme chercher dona Dolores. Des qu’il fut seul, le jeune homme dechira en parcelles impalpables l’ordre qu’il avait montre a la superieure et jeta ces parcelles dans le brasero ou le feu les consuma en un instant. –Je ne me soucie pas, dit don Diego en les regardant bruler, que le gouverneur s’apercoive un jour ou l’autre de la perfection avec laquelle j’imite sa signature, cela pourrait lui causer de la jalousie; et il sourit d’un air moqueur. La superieure fut a peine absente un quart d’heure. –Voici dona Dolores de la Cruz, dit l’abbesse; j’ai l’honneur de la remettre entre vos mains.

–Fort bien, madame, j’espere vous prouver bientot que son Excellence sait, lorsque l’occasion s’en presente, recompenser dignement les personnes qui lui obeissent sans hesitation comme sans interet. La superieure salua humblement en levant les yeux au ciel. –etes-vous prete, senorita, demanda don Diego a la jeune fille. –Oui, repondit-elle laconiquement.

–Alors veuillez me suivre, je vous prie. –Marchons, dit-elle en s’enveloppant dans sa mante sans prendre autrement conge de l’abbesse. Ils quitterent alors la cellule et conduits par la superieure ils arriverent a la porte du couvent; sous un leger pretexte, l’abbesse avait eu la precaution d’eloigner la touriere, elle ouvrit donc elle-meme la porte, puis, lorsque don Diego et la jeune fille furent sortis, elle fit un dernier salut au secretaire du gouverneur et referma la porte comme si elle avait hate d’etre delivree du souci que sa presence lui causait.

–Senorita, dit respectueusement don Diego a la jeune fille, veuillez etre assez bonne pour monter sur ce cheval. –Senor, dit-elle d’une voix triste mais ferme, je ne suis qu’une pauvre orpheline sans defense; je vous obeis, car toute resistance de ma part serait une folie, mais. . . –Dona Dolores, dit un des cavaliers, nous sommes envoyes par don Jaime. –Oh! s’ecria-elle avec joie, c’est la voix de don Carlos. –Oui senorita; rassurez-vous donc, et veuillez sans plus tarder vous mettre en selle; le temps nous presse. La jeune fille monta legerement sur le cheval de don Diego. –Maintenant, senores, dit le jeune homme, vous n’avez plus besoin de moi, adieu, a franc etrier et bon voyage! Ils s’elancerent comme un tourbillon et bientot ils disparurent dans la nuit. drive-master.com –Comme ils courent, fit en riant le jeune homme; je crois que don Melchior aurait quelque peine a les rejoindre. Et s’enveloppant dans son manteau il regagna pedestrement le palais du gouvernement ou il habitait. Les deux hommes qui accompagnaient la jeune fille etaient Dominique et Leo Carral. Ils galoperent toute la nuit. Au lever du soleil, ils atteignirent un rancho abandonne ou plusieurs personnes les attendaient. Dona Dolores reconnut avec joie parmi elles don Adolfo et le comte. Maintenant entouree de ces amis devoues elle n’avait plus rien a craindre, elle etait sauvee. Le voyage fut un enivrement continuel, mais sa joie fut immense lorsqu’elle arriva a Mexico et que sous l’escorte de ses braves amis elle entra dans la petite maison ou tout avait ete prepare a l’avance pour la recevoir; elle tomba en pleurant dans les bras de dona Maria et de Carmen.

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