Les guerilleros pousserent un grand cri, jeterent leurs pics et saisissant leurs armes, ils se preparerent

Mais tout a coup, une explosion terrible se fit entendre, la terre trembla comme agitee par une convulsion volcanique, un nuage de fumee monta vers le ciel et des masses de debris lances par l’explosion, retomberent projetes dans toutes les directions. Un horrible cri d’agonie traversa l’espace, puis ce fut tout: un silence de mort plana sur cette scene. –En avant! En avant! s’ecria Dominique. Les degats causes par la mine etaient terribles; l’entree du souterrain completement bouleversee et entierement bouchee par des masses de terre et de pierres amoncelees n’avait livre passage a aucun des assiegeants. ca et la seulement du milieu des debris sortaient les restes defigures de ce qui un instant auparavant etait des hommes. La catastrophe avait du etre epouvantable, mais le souterrain en avait garde le secret.

–Oh! Dieu soit beni! Nous sommes sauves, s’ecria don Andres. –Oui, oui, s’ecria le mayordomo, si d’autres assaillants ne se presentent point d’un autre cote. Soudain, comme si le hasard eut voulu lui donner raison, de grands cris se firent entendre, meles a des coups de feu, et une flamme subite, qui s’eleva des communs de l’hacienda, eclaira le paysage d’une lueur sinistre. –Aux armes! Aux armes! s’ecrierent des peones en accourant effares; les guerilleros! Les guerilleros! Et en effet, on vit bientot apparaitre, aux reflets rougeatres de l’incendie qui devorait les batiments, les noires silhouettes d’une centaine d’hommes qui accouraient en brandissant leurs armes et en poussant des hurlements de fureur. A quelques pas, devant ces bandits, s’avancait un homme tenant un sabre d’une main et une torche de l’autre. –Don Melchior! s’ecria le vieillard avec desespoir. –Pardieu, je vais l’arreter, moi, dit Dominique en le couchant en joue. Don Andres se jeta sur l’arme qu’il releva. –C’est mon fils! dit-il.

Le coup alla se perdre dans l’espace. –Hum! Je crois que vous vous repentirez de lui avoir sauve la vie, senor, repondit froidement Dominique. Don Andres, entraine par le comte et par Dominique, etait entre dans son appartement dont les peones avaient barricade a la hate toutes les issues et faisaient par les fenetres un feu nourri sur les assiegeants.

Don Melchior avait des intelligences avec les partisans de JuArez.

Reduit, ainsi que le mayordomo l’avait fort bien dit au comte, au desespoir par le prochain mariage de sa soeur et la perte inevitable de la fortune dont il avait conserve si longtemps l’espoir d’etre le seul heritier, le jeune homme n’avait plus garde de mesure et sous certaines conditions acceptees par Cuellar, quitte a ne pas les tenir plus tard, il avait propose a celui-ci de lui livrer l’hacienda; et toutes les mesures avaient en consequence ete prises. Il avait alors ete convenu qu’une partie de la cuadrilla sous les ordres d’officiers resolus, tenterait une surprise par le souterrain dont le jeune homme avait precedemment livre le secret.

Puis en meme temps que cette troupe opererait, l’autre moitie de la cuadrilla sous les ordres de Cuellar lui-meme et guidee par don Melchior, escaladerait silencieusement les murs de l’hacienda du cote des corales, que, sans doute, on negligerait de garder pour ici demeurer a la defense des batiments dont ils etaient assez eloignes.

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